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Une approche mieux adaptée à nos moyens et à leurs besoins

S'il est une leçon que la pandémie de la COVID-19, avec la triste débâcle des CHSLD, a apprise aux Québécois, c'est l'importance de maintenir le plus possible les personnes âgées à domicile.

Une approche mieux adaptée à nos moyens et à leurs besoins
MONTRÉAL, le 26 août 2021 /CNW Telbec/ - Toutefois, bien qu'un redéploiement des ressources vers les soins à domicile commence à faire consensus, peu réalisent l'ampleur des efforts à consentir. Une nouvelle étude, dévoilée aujourd'hui par l'Institut du Québec (IDQ), montre que pour combler les retards engendrés par des décennies de sous-financement et pour affronter le tsunami démographique qui s'amorce, il faudra non seulement déployer des ressources considérables mais réaliser aussi un important changement de culture.

« Si le Québec ne romp pas avec le statu quo et n'amorce pas un virage radical dans ses politiques de soutien à l'autonomie des personnes âgées, il frappera un mur », soutient Alain Dubuc, auteur de l'étude et conseiller stratégique à l'IDQ. Sur la base d'une analyse des programmes destinés aux personnes âgées, l'étude montre que l'accès aux soins à domicile a chuté au cours des deux dernières décennies. En 2002-2003, 34,7 % des Québécois de 75 ans et plus bénéficiaient de soins à domicile financés par l'État alors que cette proportion est passée à 26,7 % en 2019.

À l'heure actuelle, le Québec - qui se situe dans la moyenne canadienne - consacre environ 1,3 % de son PIB aux dépenses publiques de soins de longue durée, soit l'équivalent de 5,7 milliards de dollars. Pour rejoindre la moyenne des pays de l'OCDE, soit 1,7 %, il lui faudrait accroître ses dépenses de 1,8 G$. Ainsi, juste pour effectuer ce rattrapage, une hausse de 31 % serait nécessaire. Et si le Québec aspirait à égaler les standards de la France, la Belgique ou le Japon, cet effort additionnel se chiffrerait entre 2,3 G$ et 3,6 G$.

Un retard inquiétant

Si le Québec se distingue par l'insuffisance de budgets alloués aux politiques de soutien à l'autonomie des personnes âgées, il se démarque aussi par l'ampleur des ressources consacrées à l'hébergement institutionnel au détriment du maintien à domicile. Encore trop d'aînés sont systématiquement dirigés vers les CHSLD et ce, même lorsque leur condition ne le justifie pas. En outre,comparé au reste du Canada ou aux autres pays avancés, le Québec est unique pour son recours élevé aux résidences privées pour aînés (RPA). De telle sorte que 9,4 % des Québécois de 65 ans et plus vivent dans des résidences d'hébergement de longue durée, contre 7 % au Canada et 4 % dans des pays comme l'Allemagne, la France, la Norvège ou les Pays-Bas.

À ces obligations de rattrapage s'ajoutent les pressions démographiques. Une vague sans précédent commencera à frapper le Québec de plein fouet dès 2021, année où les premiers baby-boomers atteindront l'âge de 75 ans et où la proportion des citoyens de 65 ans et plus franchira le cap des 20 % de sa population. À cet égard, le rapport de l'IDQ soulève une question de taille : Si le Québec, pendant la pandémie, a eu du mal à s'acquitter de ses obligations envers les quelque 750 000 citoyens de 75 ans et plus qu'il compte, comment pourra-t-il prendre en charge les 385 000 autres qui s'ajouteront au cours des dix prochaines années ?

Un système à repenser

Face à ce double défi, la poursuite du statu quo placera le Québec dans une situation financière insoutenable. Le maintien à domicile constitue donc la seule avenue à emprunter pour réduire la pression exercée par la trop grande demande en CHSLD. Non seulement cette solution d'hébergement serait moins coûteuse, mais elle répondrait davantage à la volonté des personnes âgées qui, très majoritairement, souhaitent rester dans leur maison.

« Le principal obstacle à ce virage vers les soins à domicile est le moule institutionnel qui régit les politiques de soutien à l'autonomie des personnes âgées et qui privilégie les solutions d'hébergement comme les CHSLD et les RPA, soutient Alain Dubuc. Briser ce moule exigera un changement de paradigme et une véritable révolution culturelle au sein du réseau de la santé et des services sociaux. »

Une analyse des politiques actuelles du gouvernement du Québec en montre d'ailleurs la nécessité. Bien que la récente injection d'un 750 M$ aditionnels sur cinq ans pour soutenir les soins à domicile constitue un pas dans la bonne direction, cet ajout ne comblera qu'en partie l'écart qui sépare le Québec des pays pairs. En outre, le cœur des politiques pour les personnes âgées repose sur les maisons des aînés, une version améliorée des CHSLD, qui demeurent une solution institutionnelle. De la même façon, les récents engagements formulés lors de la présente campagne électorale au fédéral portent principalement sur les soins de longue durée et l'hébergement institutionnel.

Pour réussir ce virage, l'étude explore diverses pistes de solution. La première consiste à garantir les fonds consacrés aux soins à domicile, en réactualisant le projet d'assurance autonomie proposé par le gouvernement Marois au début des années 2010. L'étude recommande également l'établissement d'un guichet unique pour réduire la disparité des services offerts, un renforcement de la mixité du système, avec une meilleure intégration des services offerts par les secteurs publics, privés et communautaire ainsi que la création d'un ministère des Aînés.

« Mais ce virage, même s'il réduit la pression sur les finances publiques, coûtera cher, prévient Alain Dubuc. Les Québécois devront accepter, dans les années à venir, de consacrer beaucoup plus de ressources collectives aux personnes âgées. »

Publication Index Santé : 2021-08-26 - Nombre de visites depuis la publication : 10376

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