Santé et sécurité au travail : la CSN réclame une meilleure prévention au Québec
À l'occasion de la Semaine nationale de la santé et de la sécurité du travail, qui se déroule du 18 au 24 octobre 2026, la CSN réclame un renforcement des mesures de prévention dans les milieux de travail québécois. La centrale syndicale s'inquiète notamment de certaines exclusions prévues dans la réforme du régime, de la multiplication des recours judiciaires et des ressources disponibles à la CNESST.

La Confédération des syndicats nationaux (CSN) lance sa Semaine nationale de la santé et de la sécurité du travail sous le thème « La santé et la sécurité du travail, ce n'est pas un jeu ».
Du 18 au 24 octobre 2026, différentes activités de sensibilisation et de mobilisation sont organisées à travers le Québec afin de rappeler l'importance de prévenir les accidents et les maladies professionnelles.
Pour la centrale syndicale, la prévention doit demeurer une priorité dans tous les secteurs d'activité, peu importe la nature du travail ou les risques auxquels les employés sont exposés.
Cette édition survient alors qu'un bilan de la Loi modernisant le régime de santé et de sécurité du travail doit être présenté à l'Assemblée nationale au cours de l'automne.
Des protections jugées insuffisantes dans certains secteurs
La CSN dénonce particulièrement l'exclusion des secteurs de la santé, des services sociaux et de l'éducation de certains mécanismes permanents de prévention prévus dans la réforme.
Selon l'organisation syndicale, cette décision prive une partie des travailleurs d'outils qui pourraient contribuer à mieux identifier et réduire les risques dans leur environnement professionnel.
Ces secteurs, où les femmes sont fortement représentées, présentent pourtant différents enjeux liés à la santé et à la sécurité, notamment les blessures physiques, les risques psychosociaux et les situations de violence.
La présidente de la CSN, Caroline Senneville, estime que les mesures de prévention devraient s'appliquer équitablement à l'ensemble des travailleurs.
La centrale poursuit d'ailleurs une contestation judiciaire concernant ces exclusions afin d'obtenir des protections qu'elle juge équivalentes pour tous les milieux de travail.
Une augmentation importante des dossiers devant les tribunaux
La CSN exprime également ses préoccupations concernant la multiplication des recours judiciaires liés aux lésions professionnelles.
Selon les données présentées par la centrale, le nombre de dossiers ouverts en santé et sécurité du travail auprès du Tribunal administratif du travail et de son prédécesseur, la Commission des lésions professionnelles, est passé d'un peu moins de 23 000 à près de 45 000 en 25 ans.
Cette augmentation soulève, selon la CSN, des questions sur la complexité des démarches que doivent entreprendre certaines personnes pour faire reconnaître leurs droits après un accident du travail ou une maladie professionnelle.
La centrale considère que les procédures de contestation peuvent prolonger les démarches et accentuer les difficultés vécues par les travailleurs déjà confrontés à des problèmes de santé.
Elle souhaite que le régime accorde davantage d'importance à l'accompagnement des personnes accidentées et à la résolution des dossiers.
Des inquiétudes concernant les ressources de la CNESST
La CSN s'inquiète également des conséquences du gel d'embauche gouvernemental sur les activités de la Commission des normes, de l'équité, de la santé et de la sécurité du travail (CNESST).
Selon la centrale, les restrictions de personnel peuvent affecter la capacité de l'organisme à assurer certaines de ses responsabilités, notamment les inspections, la prévention et l'accompagnement des travailleurs ayant subi une lésion professionnelle.
La CSN rappelle que le financement de la CNESST provient notamment des cotisations versées par les employeurs.
Elle estime que l'organisme doit disposer de ressources suffisantes pour intervenir efficacement dans les milieux de travail et répondre aux besoins des personnes concernées.
La situation des travailleurs étrangers temporaires figure également parmi les préoccupations soulevées par l'organisation, qui considère que certaines catégories de travailleurs peuvent être particulièrement vulnérables aux risques professionnels.
Les changements climatiques créent de nouveaux risques au travail
La centrale syndicale attire aussi l'attention sur les conséquences des changements climatiques pour la santé et la sécurité des travailleurs.
Les épisodes de chaleur extrême et les événements météorologiques inhabituels peuvent notamment augmenter les risques pour les personnes qui travaillent à l'extérieur ou dans des environnements exposés à des températures élevées.
Ces conditions peuvent favoriser les malaises liés à la chaleur, la déshydratation et d'autres problèmes de santé, particulièrement lorsque les mesures de prévention sont insuffisantes.
Les événements météorologiques extrêmes peuvent également compliquer certaines activités professionnelles et exposer les travailleurs à des situations dangereuses.
Pour la CSN, l'adaptation aux changements climatiques doit donc intégrer des mesures concrètes de protection de la santé et de la sécurité dans les milieux de travail.
La prévention demeure au cœur des revendications
À travers cette semaine de sensibilisation, la CSN souhaite rappeler que la prévention des accidents et des maladies professionnelles repose sur une responsabilité partagée entre les employeurs, les travailleurs et les organismes chargés de faire appliquer les règles.
La centrale réclame notamment un meilleur accès aux mécanismes de prévention, des ressources adéquates pour la CNESST et un accompagnement plus efficace des personnes victimes de lésions professionnelles.
Elle insiste également sur l'importance de permettre aux travailleurs de participer à l'identification des risques et à la recherche de solutions adaptées à leur milieu.
La CSN représente plus de 350 000 travailleurs regroupés au sein de près de 1 600 syndicats partout au Québec.
Source : Confédération des syndicats nationaux (CSN)
Publication Index Santé : 2026-10-19















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