Fin de l'éclosion de rougeole après plus de 6 400 cas
L'Agence de la santé publique du Canada annonce la fin de l'importante éclosion de rougeole qui a touché plus de 6 400 personnes depuis octobre 2024. Malgré cette amélioration, les autorités sanitaires rappellent que le Canada a perdu son statut de pays ayant éliminé la rougeole et que la vaccination demeure essentielle pour prévenir de nouvelles éclosions.

Après près de deux ans de surveillance et d'interventions sanitaires, l'Agence de la santé publique du Canada (ASPC) annonce officiellement la fin de l'éclosion multijuridictionnelle de rougeole qui sévissait au pays depuis octobre 2024.
Cette décision survient après une période de plus de deux mois sans nouveau cas signalé comme étant lié à cette éclosion.
Au total, plus de 6 400 cas ont été recensés dans 10 provinces et territoires canadiens, faisant de cet épisode un événement majeur de santé publique.
Selon l'ASPC, la majorité des personnes infectées n'avaient pas été vaccinées contre la rougeole.
La fin de cette éclosion représente une avancée importante, mais les autorités préviennent que le risque de nouveaux cas demeure présent, particulièrement en raison de la circulation du virus à l'échelle internationale.
Le Canada a perdu son statut d'élimination de la rougeole
L'une des conséquences importantes de cette éclosion concerne le statut sanitaire du Canada.
À la fin de 2025, le pays a perdu son statut de territoire ayant éliminé la rougeole, puisque la souche responsable de l'éclosion avait continué de circuler pendant plus de 12 mois.
L'élimination de la rougeole signifie que la transmission continue du virus a été interrompue sur un territoire donné. Elle ne signifie toutefois pas que le virus a disparu de la planète ni qu'aucun cas importé ne peut survenir.
Même si l'éclosion actuelle est maintenant considérée comme terminée, le Canada ne retrouve donc pas automatiquement son ancien statut.
Pour y parvenir, il faudra démontrer que la transmission de la souche associée à l'éclosion a été interrompue pendant au moins 12 mois consécutifs.
Les autorités sanitaires devront poursuivre leur surveillance afin de documenter cette interruption et de prévenir toute reprise de la transmission.
Une maladie extrêmement contagieuse
La rougeole est une infection virale qui se transmet très facilement d'une personne à l'autre par voie aérienne.
Le virus peut se propager lorsqu'une personne infectée respire, tousse ou éternue, ce qui facilite sa transmission dans les lieux où plusieurs personnes se trouvent à proximité.
Les premiers symptômes comprennent généralement de la fièvre, de la toux, un écoulement nasal et une rougeur des yeux. Une éruption cutanée caractéristique apparaît habituellement quelques jours plus tard.
Bien que la majorité des personnes infectées guérissent, la rougeole peut entraîner des complications importantes.
Celles-ci peuvent notamment comprendre des infections de l'oreille, une pneumonie et, plus rarement, une inflammation du cerveau appelée encéphalite.
Les nourrissons, les jeunes enfants, les femmes enceintes et les personnes dont le système immunitaire est affaibli présentent un risque accru de complications graves.
La rougeole ne doit donc pas être considérée comme une simple maladie infantile sans conséquence.
La vaccination demeure la principale mesure de prévention
L'Agence de la santé publique du Canada rappelle que la vaccination constitue la meilleure protection contre la rougeole.
Deux doses d'un vaccin contenant la composante contre la rougeole offrent une protection efficace contre l'infection et contribuent à limiter la propagation du virus dans la population.
La vaccination protège directement les personnes immunisées, mais elle permet également de réduire les risques de transmission vers les personnes plus vulnérables.
Cette protection collective est particulièrement importante pour les nourrissons trop jeunes pour avoir reçu toutes leurs doses et pour certaines personnes qui ne peuvent pas être vaccinées pour des raisons médicales.
Les autorités encouragent les Canadiens à vérifier leur carnet de vaccination et à s'assurer que leur protection contre la rougeole est à jour.
Un professionnel de la santé ou un service local de santé publique peut aider à déterminer si des doses supplémentaires ou un rattrapage vaccinal sont nécessaires.
Une mobilisation des autorités de santé publique
La gestion de cette éclosion a nécessité une collaboration entre les autorités sanitaires fédérales, provinciales, territoriales et locales.
Les provinces et les territoires ont notamment dirigé les interventions visant à identifier les personnes infectées, retracer leurs contacts et limiter les possibilités de transmission.
Ces mesures comprenaient également l'amélioration de la surveillance des maladies, les analyses de laboratoire, la collaboration avec les communautés et les efforts pour faciliter l'accès à la vaccination.
De son côté, l'ASPC a assuré la coordination nationale, fourni une expertise technique et soutenu les activités de surveillance et d'analyse.
Le gouvernement fédéral a également contribué à l'approvisionnement en vaccins et à certaines activités de préparation aux urgences sanitaires.
Selon les autorités, cette collaboration a joué un rôle important dans la maîtrise de l'éclosion.
De nouveaux cas demeurent possibles au Canada
Malgré la fin de l'éclosion, la rougeole continue de circuler dans plusieurs régions du monde.
Les déplacements internationaux peuvent donc entraîner l'introduction de nouveaux cas au Canada, même lorsque la transmission locale d'une souche particulière a été interrompue.
Cette situation rappelle l'importance de maintenir une couverture vaccinale élevée et de poursuivre la surveillance des maladies infectieuses.
Les personnes qui prévoient voyager à l'étranger sont notamment encouragées à vérifier leur statut vaccinal avant leur départ.
L'ASPC continuera de travailler avec les provinces, les territoires, les professionnels de la santé et les partenaires internationaux, dont l'Organisation panaméricaine de la santé, afin de suivre l'évolution de la rougeole.
Une vigilance nécessaire pour éviter une nouvelle éclosion
Pour la Dre Joss Reimer, administratrice en chef de la santé publique du Canada, la fin de cette éclosion témoigne des efforts collectifs déployés par les professionnels de la santé, les organismes communautaires et les familles.
Les autorités considèrent toutefois que les efforts de prévention doivent se poursuivre.
L'amélioration de la couverture vaccinale, la détection rapide des nouveaux cas et la sensibilisation de la population demeurent essentielles pour réduire les risques de nouvelles éclosions.
Les personnes présentant des symptômes compatibles avec la rougeole, particulièrement après un voyage ou une exposition connue, devraient communiquer avec un professionnel de la santé avant de se présenter dans une clinique afin de connaître les précautions à prendre et de limiter les risques de transmission.
La fin de cette importante éclosion constitue donc une étape encourageante pour la santé publique canadienne, sans pour autant signifier que la menace de la rougeole a complètement disparu.
Source : Agence de la santé publique du Canada (ASPC) et Santé Canada
Publication Index Santé : 2026-10-19










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