Massothérapie au Québec : de nouvelles mesures pour renforcer la sécurité dans les spas
L'Association québécoise des spas (AQS) renforce les exigences de sécurité dans ses établissements membres. Une nouvelle Charte prévoit notamment des vérifications des antécédents, une formation obligatoire sur le consentement et des mécanismes pour prévenir et traiter les comportements inappropriés.

L'Association québécoise des spas (AQS) annonce le renforcement de ses mesures de sécurité afin de mieux protéger les personnes qui reçoivent des soins de massothérapie dans les établissements membres.
Cette initiative survient alors que les questions de consentement, de sécurité et d'encadrement professionnel en massothérapie suscitent une attention accrue au Québec.
Le 18 août 2026, le conseil d'administration de l'Association a adopté la Charte AQS de la pratique sécuritaire en massothérapie. Sa mise en œuvre est actuellement en cours dans les établissements concernés.
L'adhésion à l'AQS implique désormais un engagement formel à respecter les exigences de cette Charte. Une période de transition est toutefois prévue pour permettre aux établissements de s'y conformer.
À terme, les établissements qui ne respecteraient pas leurs obligations pourraient faire l'objet de mesures pouvant aller jusqu'au retrait de leur adhésion à l'Association.
Le consentement au cœur des nouvelles règles
La Charte accorde une place importante au respect des limites personnelles et au consentement pendant les soins de massothérapie.
Elle rappelle notamment que les clients peuvent interrompre un massage à tout moment ou demander des ajustements lorsqu'ils ressentent un inconfort.
Les massothérapeutes disposent également du droit de refuser ou d'interrompre un soin lorsqu'ils considèrent qu'une situation est inappropriée.
Ces dispositions visent à établir un cadre dans lequel les droits et les limites de chaque personne sont respectés.
Selon l'AQS, la sécurité et la dignité de la clientèle doivent demeurer au centre de chaque soin. L'Association souhaite ainsi renforcer la confiance du public envers les établissements qui offrent des services de massothérapie.
Des vérifications des antécédents des massothérapeutes
Parmi les nouvelles exigences figure la vérification des antécédents judiciaires et du statut disciplinaire des massothérapeutes.
Cette mesure vise à renforcer les pratiques de vérification au sein des établissements membres et à mieux encadrer les personnes qui offrent des soins.
La Charte prévoit également des mécanismes de prévention, de signalement et de prise en charge des plaintes concernant notamment l'inconduite, le harcèlement, les abus ou la violence.
L'objectif est de permettre aux établissements de disposer de procédures pour recevoir les signalements et intervenir lorsqu'une situation problématique est portée à leur attention.
Les exigences comprennent aussi une assurance responsabilité professionnelle minimale de 1 million de dollars.
Une formation obligatoire sur le consentement et le professionnalisme
L'AQS met également en place une formation en ligne gratuite intitulée « Créer un climat de confiance : consentement, limites et professionnalisme en massothérapie ».
Cette formation a été développée en collaboration avec l'Institut de tourisme et d'hôtellerie du Québec (ITHQ) et Dominique M-Lavoie, consultante, chercheure et formatrice spécialisée dans la promotion du consentement et la prévention des agressions à caractère sexuel.
Elle vise à renforcer la compréhension des limites professionnelles, du consentement et des comportements appropriés dans le contexte des soins de massothérapie.
Les nouveaux massothérapeutes devront terminer cette formation dans les trois mois suivant leur entrée en fonction.
Les professionnels déjà en poste disposeront quant à eux d'un délai de six mois suivant l'application de la Charte.
Cette exigence vise à établir une base commune de connaissances et de pratiques dans les établissements membres de l'Association.
Un meilleur encadrement de la profession demandé au Québec
Au-delà des mesures adoptées par ses membres, l'Association québécoise des spas souhaite que le gouvernement provincial intervienne pour améliorer l'encadrement de la massothérapie.
L'AQS recommande notamment la création d'une formation publique reconnue en massothérapie, à l'image de certaines pratiques existant ailleurs au Canada, notamment en Ontario.
Elle propose également la mise en place d'un mécanisme officiel de reconnaissance des associations de massothérapie autorisées à délivrer un numéro de pratique.
Selon l'Association, cette reconnaissance devrait reposer sur des exigences rigoureuses en matière de formation, de compétences, d'intégrité et de sécurité.
Pour Véronyque Tremblay, présidente-directrice générale de l'AQS, chaque incident susceptible de compromettre la sécurité des clients peut également fragiliser la confiance envers l'ensemble du secteur.
Des mesures destinées à renforcer la confiance du public
Avec cette nouvelle Charte, l'Association québécoise des spas souhaite établir des standards communs pour les établissements qui en sont membres.
Les mesures touchent à la fois les qualifications et les vérifications des professionnels, la formation, le consentement et les procédures de traitement des plaintes.
Leur efficacité dépendra notamment de leur application concrète dans les établissements et du respect des exigences par les membres de l'Association.
La Charte constitue une initiative sectorielle qui s'applique aux établissements membres de l'AQS, et non une nouvelle réglementation obligatoire pour l'ensemble des massothérapeutes du Québec.
En parallèle, l'Association souhaite poursuivre les discussions sur un encadrement plus uniforme de la profession à l'échelle provinciale.
Source : Association québécoise des spas (AQS)
Publication Index Santé : 2026-10-09







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