Santé mentale des jeunes hommes : un système qui peine encore à répondre à leurs besoins
Un nouveau rapport de GreenShield et de Recherche en santé mentale Canada révèle que de nombreux jeunes hommes hésitent encore à demander de l'aide en santé mentale, malgré des besoins importants. L'étude met en lumière plusieurs obstacles qui limitent l'accès aux soins et favorisent le recours à des mécanismes d'adaptation plus risqués.
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Selon le rapport publié par GreenShield en collaboration avec Recherche en santé mentale Canada, un jeune homme sur cinq présente des symptômes de dépression ou d'anxiété d'intensité modérée à sévère. Pourtant, une proportion importante d'entre eux ne reçoit pas l'aide dont elle aurait besoin. L'étude révèle que 44 % des jeunes hommes ayant eu besoin d'un soutien en santé mentale au cours de la dernière année n'ont pas consulté de professionnel.
Cette situation est particulièrement préoccupante puisque les difficultés psychologiques non traitées peuvent avoir des répercussions importantes sur les études, le travail, les relations sociales et la qualité de vie.
La stigmatisation demeure un obstacle majeur
L'un des constats les plus marquants de l'étude concerne la perception de la demande d'aide. Près du tiers des jeunes hommes considèrent encore que consulter pour un problème de santé mentale est un signe de faiblesse. Cette proportion grimpe même à 50 % chez les nouveaux arrivants.
Cette stigmatisation contribue à retarder les démarches de consultation et pousse plusieurs jeunes à garder leurs difficultés pour eux. Les chercheurs soulignent que les enjeux de santé mentale chez les hommes demeurent souvent entourés de préjugés liés à la performance, à l'autonomie et à la perception de la vulnérabilité.
Un désengagement fréquent après le début des soins
Même lorsque les jeunes hommes entreprennent une démarche d'aide, plusieurs abandonnent rapidement leur suivi. Près d'une personne sur deux ayant consulté a interrompu son parcours avant d'en ressentir les bénéfices. Les principales raisons évoquées sont le manque de contrôle sur les soins reçus, des horaires peu adaptés à leur réalité et l'impression de ne pas progresser suffisamment rapidement.
Selon les auteurs du rapport, ces résultats démontrent que les services doivent être davantage adaptés aux besoins et aux attentes des jeunes afin de favoriser leur engagement à long terme.
Des mécanismes d'adaptation parfois risqués
Faute de soutien professionnel, plusieurs jeunes hommes se tournent vers d'autres stratégies pour composer avec leurs difficultés psychologiques. L'étude indique qu'ils sont davantage susceptibles de recourir aux jeux de hasard, à la consommation de substances ou à certaines ressources numériques dont la qualité n'est pas toujours validée.
Les chercheurs notent également que les jeunes hommes sont deux fois plus nombreux que la moyenne canadienne à participer à des activités de jeu d'argent. Ces comportements peuvent entraîner des conséquences financières, sociales et psychologiques importantes lorsqu'ils deviennent problématiques.
Le rôle croissant des outils numériques
L'enquête montre que plusieurs jeunes se tournent désormais vers les technologies lorsqu'ils cherchent de l'aide. Les outils d'intelligence artificielle et les forums de discussion en ligne gagnent en popularité auprès des jeunes hommes. Ces ressources peuvent représenter une porte d'entrée vers du soutien, mais elles ne remplacent pas nécessairement l'accompagnement offert par des professionnels qualifiés.
Cette tendance souligne l'importance de développer des solutions numériques fiables, sécuritaires et adaptées aux réalités des nouvelles générations.
Vers une meilleure adaptation des services
Le rapport paraît alors que le Canada amorce l'élaboration de sa première stratégie nationale consacrée à la santé des hommes et des garçons. Les auteurs estiment qu'il s'agit d'une occasion importante pour mieux comprendre les besoins spécifiques des jeunes hommes et adapter les services en conséquence.
Au-delà de l'amélioration de l'accès aux soins, l'étude conclut qu'il est essentiel de développer des approches plus flexibles, inclusives et culturellement adaptées afin d'encourager les jeunes hommes à demander de l'aide plus tôt et à poursuivre leur démarche lorsqu'ils entreprennent un suivi.
Source : GreenShield et Recherche en santé mentale Canada (RSMC)
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Publication Index Santé : 2026-06-10















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