Les interventions sur le mode de vie pourraient contribuer à réduire le risque de déclin cognitif
Une importante étude internationale menée dans 11 pays d'Amérique latine conclut que des interventions structurées portant sur l'alimentation, l'activité physique, l'entraînement cognitif et les interactions sociales peuvent améliorer les fonctions cognitives chez les personnes âgées à risque de démence. Les résultats confirment également les conclusions d'une étude américaine récente.
Soyez le premier à laisser un commentaire!

Une vaste étude internationale présentée lors de la Conférence internationale de l'Association Alzheimer (AAIC 2026) apporte de nouvelles données encourageantes sur la prévention du déclin cognitif. Réalisée dans le cadre du projet LatAm-FINGERS, cette recherche a évalué l'impact de différentes interventions liées au mode de vie auprès de plus de 1 000 personnes âgées vivant dans 11 pays d'Amérique latine.
Les chercheurs concluent que des habitudes de vie combinant une alimentation équilibrée, une activité physique régulière, des exercices de stimulation cognitive et des interactions sociales peuvent améliorer la mémoire, les capacités de réflexion et les fonctions cognitives globales chez les personnes présentant un risque accru de développer une démence. Les résultats viennent confirmer ceux de l'étude américaine U.S. POINTER, qui avait déjà démontré les bénéfices d'une approche similaire.
L'importance d'un accompagnement structuré
L'étude comparait deux approches distinctes. Un premier groupe de participants bénéficiait d'un programme intensif comprenant un accompagnement régulier, des séances d'exercices supervisées, des conseils nutritionnels personnalisés, des exercices cognitifs informatisés, un suivi des facteurs de risque cardiovasculaire ainsi que de nombreuses rencontres de groupe favorisant le soutien social.
Le second groupe recevait principalement de l'information générale sur les saines habitudes de vie et participait à quelques rencontres éducatives, sans encadrement continu.
Après deux années de suivi, les participants ayant bénéficié du programme structuré ont obtenu de meilleurs résultats cognitifs. L'amélioration des fonctions cognitives globales était environ 55 % supérieure à celle observée dans le groupe ayant reçu uniquement des conseils généraux. Des progrès plus marqués ont également été observés pour la mémoire, les fonctions exécutives et la vitesse de traitement de l'information.
Ces résultats suggèrent que le soutien, l'encadrement et le suivi régulier jouent un rôle important dans l'adoption durable de saines habitudes de vie.
Des interventions adaptées aux réalités locales
L'un des aspects novateurs de l'étude réside dans l'adaptation des interventions aux réalités culturelles de chaque pays participant. Les chercheurs n'ont pas simplement reproduit un modèle existant, mais l'ont modifié afin de tenir compte des habitudes alimentaires, des activités physiques populaires, de l'accès aux ressources et des particularités sociales de chaque communauté.
Par exemple, les programmes d'exercice intégraient des activités familières comme la salsa, le tango ou encore des séances de groupe dans les parcs publics. Sur le plan alimentaire, le régime MIND, reconnu pour favoriser la santé du cerveau, a été adapté en mettant davantage l'accent sur des aliments couramment consommés en Amérique latine, comme le quinoa, l'avocat, le chia, l'açaï ou encore les graines de citrouille.
Les documents éducatifs ont également été traduits et adaptés afin de faciliter la participation des personnes ayant des compétences numériques plus limitées.
Des résultats encourageants pour la prévention de la démence
Les chercheurs rappellent que la maladie d'Alzheimer et les autres formes de démence sont influencées par plusieurs facteurs liés au mode de vie et à la santé. Agir simultanément sur plusieurs de ces facteurs pourrait donc contribuer à préserver les fonctions cognitives plus longtemps.
Selon les auteurs, ces résultats sont particulièrement importants puisque les taux de démence continuent d'augmenter dans plusieurs régions du monde. Les interventions évaluées dans l'étude demeurent relativement accessibles et pourraient être adaptées à différents systèmes de santé, y compris dans les pays à revenu faible ou intermédiaire.
Les chercheurs estiment également que ce type de programme pourrait éventuellement être combiné aux nouveaux traitements médicamenteux afin d'offrir une approche plus complète de la prévention et de la prise en charge du déclin cognitif.
Une piste prometteuse, mais qui demande encore des efforts
L'étude LatAm-FINGERS fait partie du réseau international World-Wide FINGERS, qui rassemble plusieurs projets de recherche inspirés de l'étude finlandaise FINGER, considérée comme une référence dans le domaine de la prévention de la démence.
Les responsables de la recherche soulignent que les résultats obtenus démontrent qu'il est possible d'adapter ces interventions à différentes cultures sans perdre leur efficacité. Ils rappellent toutefois que ces programmes ne constituent pas une garantie contre la maladie d'Alzheimer, mais représentent une stratégie prometteuse pour réduire le risque de déclin cognitif chez les personnes âgées présentant plusieurs facteurs de risque.
Les conclusions de cette étude viennent ainsi renforcer les connaissances scientifiques selon lesquelles une combinaison d'habitudes de vie favorables à la santé du cerveau, soutenue par un accompagnement structuré et un engagement à long terme, peut contribuer à préserver les capacités cognitives avec l'âge.
Source : Alzheimer's Association
Qu'en pensez-vous? Soyez le premier à laisser un commentaire!
Publication Index Santé : 2026-07-13














ESG Média inc.