Santé mentale au Canada : 46 % des personnes interrogées affectées par le coût de la vie
Le coût de la vie nuit à la santé mentale de 46 % des personnes interrogées dans un nouveau sondage canadien. L'étude révèle également que 52 % des répondants ayant obtenu du soutien en santé mentale ou lié à la consommation de substances ont interrompu leurs soins plus tôt que prévu ou nécessaire.

Les difficultés financières, l'accès aux soins et les liens sociaux figurent parmi les principaux enjeux soulevés dans un nouveau sondage de Recherche en santé mentale Canada (RSMC), publié le 22 septembre 2026.
Cette 29e édition de l'enquête Comprendre la santé mentale des Canadiens repose sur les réponses de 4 005 personnes âgées de 16 ans et plus, interrogées partout au Canada entre le 27 juillet et le 10 août 2026.
Les résultats indiquent que 46 % des répondants considèrent que le coût de la vie nuit à leur santé mentale.
Les difficultés à payer les factures du ménage sont mentionnées par 37 % des personnes interrogées, tandis que 35 % rapportent que les problèmes liés à l'accès à un logement abordable ou au maintien d'un logement stable affectent leur santé mentale.
Les préoccupations dépassent toutefois la situation financière personnelle. Les événements politiques mondiaux sont mentionnés par 44 % des répondants et les changements climatiques par 37 %.
Selon RSMC, ces résultats montrent que la santé mentale est influencée par plusieurs facteurs qui dépassent les symptômes individuels et l'accès aux services de santé.
Plus de la moitié des personnes concernées interrompent leurs soins prématurément
Le sondage révèle également des difficultés importantes concernant la continuité des soins en santé mentale et en dépendance.
Parmi les personnes ayant eu recours à du soutien en santé mentale ou lié à la consommation de substances, 52 % déclarent avoir interrompu leurs soins plus tôt que prévu ou nécessaire.
Cette proportion est encore plus élevée chez les personnes présentant des symptômes importants.
Elle atteint 72 % chez les répondants présentant des symptômes sévères d'anxiété et 74 % chez ceux présentant des symptômes de dépression modérément sévères à sévères.
Ces résultats concernent uniquement les personnes ayant obtenu du soutien et ne représentent donc pas l'ensemble de la population canadienne.
L'interruption prématurée des soins peut correspondre à différentes situations. Le sondage permet notamment de mieux comprendre les raisons invoquées par les personnes qui ont cessé leur suivi.
Pourquoi certaines personnes abandonnent-elles leur suivi?
Parmi les raisons mentionnées pour expliquer l'interruption des soins, l'absence de progrès ou d'amélioration concrets arrive en tête, avec 16 %.
Le sentiment de ne pas être compris ou respecté est évoqué par 12 % des répondants concernés.
Un autre groupe, représentant 11 %, mentionne un manque de clarté concernant les objectifs du traitement ou les attentes liées au suivi.
Ces résultats soulignent l'importance de l'expérience vécue par les personnes qui consultent.
L'accès à un professionnel constitue une première étape, mais la qualité de la relation thérapeutique, la compréhension des objectifs et la perception d'une amélioration peuvent également influencer la poursuite des soins.
Recherche en santé mentale Canada estime qu'il est nécessaire d'examiner l'ensemble du parcours des personnes qui demandent de l'aide, plutôt que de s'intéresser uniquement à leur capacité à obtenir un premier rendez-vous.
Seulement 29 % estiment que leurs besoins ont été pleinement comblés
Parmi les personnes ayant eu recours à des soins au cours de la dernière année, 65 % affirment que le soutien reçu a répondu à la plupart ou à l'ensemble de leurs besoins.
Cependant, seulement 29 % considèrent que leurs besoins ont été pleinement comblés.
L'écart est particulièrement marqué chez les personnes présentant des symptômes plus importants.
Seulement 14 % des répondants présentant des symptômes sévères d'anxiété déclarent que les soins ont entièrement répondu à leurs besoins.
Cette proportion atteint 17 % chez les personnes présentant des symptômes de dépression modérément sévères à sévères.
Ces chiffres ne signifient pas que les autres répondants n'ont obtenu aucun bénéfice de leurs soins. Ils indiquent plutôt qu'une partie importante des personnes interrogées considère que le soutien reçu n'a pas répondu à tous leurs besoins.
Pour RSMC, ces résultats montrent la nécessité de mieux comprendre ce qui se produit après l'accès initial aux services.
Des difficultés plus importantes chez les personnes présentant des signes de dépendance
Le sondage s'intéresse également aux personnes présentant des signes de dépendance à l'alcool ou au cannabis.
Ces groupes rapportent des difficultés particulièrement importantes en matière de santé mentale et d'accès au soutien.
Parmi les personnes présentant des signes de dépendance à l'alcool, 75 % déclarent avoir déjà reçu un diagnostic de trouble de l'humeur. Cette proportion atteint 78 % chez celles présentant des signes de dépendance au cannabis.
Par ailleurs, 28 % des personnes du premier groupe et 25 % de celles du second indiquent avoir eu besoin de soutien en santé mentale ou lié à la consommation de substances sans pouvoir y accéder.
Parmi les personnes de ces groupes qui ont obtenu du soutien, respectivement 84 % et 79 % déclarent avoir interrompu leurs soins plus tôt que prévu ou nécessaire.
Ces résultats décrivent des associations observées dans le sondage. Ils ne permettent pas de conclure que la consommation d'alcool ou de cannabis est à elle seule responsable des troubles de l'humeur rapportés.
Ils mettent néanmoins en évidence des besoins de soutien importants chez les personnes présentant des signes de dépendance.
Les liens familiaux sont plus fréquents que les liens communautaires
L'enquête révèle un écart notable entre les relations entretenues avec les proches et celles développées dans la communauté.
Au total, 68 % des répondants déclarent avoir des interactions significatives avec leur famille au moins une fois par semaine.
Cette proportion atteint 57 % pour les interactions avec les amis.
Les contacts significatifs sont toutefois moins fréquents avec les voisins, à 28 %, et avec les groupes communautaires ou organisés, à 21 %.
Parmi les personnes ayant moins de liens sociaux, le manque de temps constitue l'obstacle le plus souvent mentionné, à 28 %.
Les difficultés de santé mentale arrivent ensuite, avec 24 % des répondants concernés qui les considèrent comme un frein à la création ou au maintien de relations.
Ces données suggèrent que les relations familiales et amicales occupent une place importante dans la vie sociale des répondants, tandis que les liens de voisinage et la participation communautaire sont moins fréquents.
Comment les Canadiens composent-ils avec le stress?
Le sondage examine également les stratégies utilisées par les personnes interrogées lorsqu'elles vivent une période de stress.
La stratégie la plus fréquemment rapportée consiste à se tenir occupé ou à continuer ses activités malgré les difficultés, une réponse donnée par 43 % des participants.
Prendre du temps seul ou s'éloigner temporairement de certaines situations est mentionné par 42 %.
Parler à un ami, à un membre de sa famille ou à son partenaire constitue une stratégie utilisée par 39 % des répondants.
Seulement 11 % indiquent consulter un conseiller, un thérapeute ou un autre professionnel de la santé mentale comme stratégie d'adaptation en période de stress.
Par ailleurs, 21 % des personnes interrogées déclarent avoir recours à au moins un comportement d'adaptation potentiellement nocif.
Ces différentes réponses ne sont pas nécessairement exclusives. Une même personne peut utiliser plusieurs stratégies selon les circonstances.
Une enquête nationale réalisée auprès de 4 005 personnes
Cette nouvelle édition de Comprendre la santé mentale des Canadiens a été réalisée en ligne par Pollara Strategic Insights pour Recherche en santé mentale Canada.
La collecte des données s'est déroulée du 27 juillet au 10 août 2026 auprès de 4 005 personnes âgées de 16 ans et plus.
Les résultats ont été pondérés selon le genre, l'âge et la région à partir des données du recensement. Le communiqué indique une marge d'erreur nationale de ±1,5 point de pourcentage, 19 fois sur 20.
L'enquête suit l'évolution de la santé mentale au Canada depuis avril 2020 et bénéficie d'une contribution financière de Santé Canada.
Les résultats présentés concernent l'ensemble du Canada et ne doivent pas être interprétés comme des statistiques propres au Québec.
Dans l'ensemble, le sondage met en évidence l'interaction entre les pressions économiques, les relations sociales, les stratégies d'adaptation et l'expérience des soins. Il montre également que les personnes présentant les symptômes les plus importants sont nombreuses à déclarer que leurs besoins ne sont pas entièrement comblés.
Source : Recherche en santé mentale Canada (RSMC)
Publication Index Santé : 2026-09-22















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