Contrôler les effets des coronavirus sur le système nerveux
De nombreuses études montrent que les coronavirus humains, dont le SRAS-CoV-2 qui cause la COVID-19, semblent s'attaquer aux neurones et au système nerveux chez des populations vulnérables.
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Une immunité antivirale aux coronavirus humains
L'équipe de recherche est la première à démontrer un lien direct entre la neurovirulence, le clivage de la protéine S par des protéases cellulaires et l'immunité innée. Cette immunité antivirale découle de la production d'interférons, des protéines de première ligne qui aident à détecter rapidement la présence d'un virus.
« En utilisant un coronavirus du rhume, similaire au SRAS-CoV-2, nous avons démontré que le clivage de la protéine S et l'interféron pouvaient en empêcher la propagation au cerveau et dans la moelle épinière chez la souris », explique le professeur Talbot, qui étudie les coronavirus depuis près de 40 ans.
Deux voies thérapeutiques
Selon Marc Desforges, actuellement spécialiste clinique en biologie médicale au laboratoire de virologie du CHU Sainte-Justine, le clivage de la protéine S par différentes protéases cellulaires est primordial pour que ces virus puissent infecter efficacement les cellules et se propager dans divers organes et systèmes du corps, dont le SNC.
« Nos résultats démontrent que l'interféron produit par différentes cellules, dont les neurones olfactifs et les cellules qui produisent le liquide céphalo-rachidien (LCR) dans le cerveau, pourrait moduler ce clivage. Ainsi, il pourrait limiter, de façon importante, la propagation virale dans le SNC et la gravité de la maladie associée », affirme le spécialiste qui a travaillé 16 ans à titre d'associé de recherche au Centre Armand-Frappier Santé Biotechnologie de l'IRNS.
Réunis, ces résultats mettent en évidence deux cibles antivirales potentielles : le clivage de la protéine S et l'immunité innée efficace liée à l'interféron. « La compréhension des mécanismes d'infection et de propagation virale dans les cellules neuronales est essentielle pour mieux concevoir des stratégies thérapeutiques, souligne le chercheur Talbot. C'est d'autant plus important pour les populations vulnérables comme les personnes âgées et les personnes immunodéprimées. » Cette découverte permet donc d'ouvrir la porte à de nouvelles voies thérapeutiques.
À propos de l'étude
L'article « Potential differences in cleavage of the S protein and type-1 interferon together control human coronavirus infection, propagation, and neuropathology within the central nervous system », par Alain Le Coupanec, Marc Desforges, Benedikt Kaufer, Philippe Dubeau, Marceline Côté et Pierre J. Talbot, a été publié dans le Journal of Virology. L'étude a reçu un soutien financier des Instituts de recherche en santé du Canada (IRSC).
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Publication Index Santé : 2021-03-23










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