Prévention de la démence, les habitudes qui peuvent faire une différence
La démence n'est pas une conséquence normale et inévitable du vieillissement. Il n'est pas toujours possible de l'empêcher, mais certaines habitudes de vie et une meilleure prise en charge de la santé peuvent contribuer à réduire le risque ou à retarder l'apparition de troubles cognitifs.

La démence est un terme général qui désigne un ensemble de symptômes affectant la mémoire, le raisonnement, le langage, le comportement et la capacité à accomplir les activités quotidiennes. La maladie d'Alzheimer en est la forme la plus connue, mais il en existe plusieurs autres, notamment la démence vasculaire, la démence à corps de Lewy et la démence frontotemporale (DFT).
La démence devient plus fréquente avec l'âge, particulièrement après 65 ans, mais elle ne fait pas partie du vieillissement normal. Une personne peut chercher occasionnellement un mot, oublier un rendez-vous ou égarer ses clés sans nécessairement présenter un trouble cognitif. Les signes deviennent plus préoccupants lorsqu'ils s'aggravent, se répètent ou commencent à nuire à l'autonomie.
Certaines causes de démence sont liées à des changements complexes dans le cerveau sur lesquels la personne possède peu de contrôle. L'âge, les antécédents familiaux et certaines prédispositions génétiques peuvent notamment influencer le risque. D'autres facteurs peuvent toutefois être modifiés ou mieux contrôlés au cours de la vie.
Peut-on réellement prévenir la démence?
Aucune méthode ne permet de garantir qu'une personne ne développera jamais de démence. Il est donc plus juste de parler de réduction du risque que de prévention absolue. Une personne qui adopte de bonnes habitudes peut tout de même recevoir un diagnostic, tandis qu'une autre peut ne jamais développer la maladie malgré la présence de plusieurs facteurs de risque.
Les connaissances scientifiques montrent néanmoins qu'une proportion importante des cas pourrait être associée à des facteurs potentiellement modifiables. Selon l'Agence de la santé publique du Canada, 14 facteurs
sur lesquels il est parfois possible d'agir pourraient être liés à environ 45 % des cas de démence dans le monde. Ces facteurs comprennent notamment l'inactivité physique, le tabagisme, l'hypertension, le diabète, la perte auditive, l'isolement social et les problèmes de vision non corrigés.
Cette estimation ne signifie pas que 45 % des cas pourraient être évités uniquement grâce à la volonté individuelle. L'environnement, le revenu, l'accès aux soins, la qualité de l'air et les possibilités d'éducation exercent également une influence. Il demeure toutefois possible d'agir sur plusieurs aspects de la santé, et ce, à différents moments de la vie.
Protéger le cœur pour protéger le cerveau
Le cerveau dépend d'un apport constant en sang et en oxygène. Les problèmes qui endommagent le cœur et les vaisseaux sanguins peuvent donc aussi affecter la santé cérébrale. L'hypertension, le diabète, un taux élevé de cholestérol, le tabagisme et l'obésité figurent parmi les facteurs associés à une augmentation du risque de déclin cognitif.
La prévention passe notamment par un suivi régulier de la pression artérielle, de la glycémie et du cholestérol. Une personne qui reçoit un traitement devrait le suivre selon les recommandations de son professionnel de la santé. Il ne suffit pas toujours de se sentir en forme, puisque l'hypertension et un taux élevé de cholestérol peuvent être présents sans provoquer de symptômes évidents.
L'activité physique joue aussi un rôle important. La marche, la natation, la danse, le vélo et les exercices adaptés contribuent à soutenir la santé cardiovasculaire. Une alimentation variée, riche en légumes, en fruits, en grains entiers, en légumineuses et en sources de protéines peu transformées, peut également favoriser la santé générale. Aucun aliment ni supplément ne peut cependant prévenir la démence à lui seul.
Maintenir le cerveau actif au quotidien
Le cerveau profite des activités qui demandent de réfléchir, d'apprendre et de s'adapter. Lire, suivre un cours, jouer d'un instrument, cuisiner une nouvelle recette ou découvrir une technologie oblige la personne à mobiliser son attention et sa mémoire.
Les jeux de logique, les mots croisés et les casse-têtes peuvent être intéressants, mais ils ne représentent pas les seules formes de stimulation. Une activité nouvelle ou légèrement difficile peut solliciter davantage le cerveau qu'un exercice répété depuis des années. L'objectif n'est pas de réussir parfaitement, mais de continuer à apprendre et à sortir occasionnellement de ses habitudes.
La stimulation cognitive ne doit pas devenir une source de pression. Oublier un nom ou prendre davantage de temps pour comprendre une nouvelle fonction numérique ne signifie pas nécessairement qu'une maladie est présente. L'activité devrait rester agréable et adaptée aux intérêts de la personne.
Entretenir les relations sociales
L'isolement social est reconnu comme un facteur associé à la démence. Une conversation demande d'écouter, de comprendre, de se rappeler certaines informations et de formuler une réponse. Les échanges sociaux stimulent donc plusieurs capacités cognitives en plus d'apporter du soutien émotionnel.
Maintenir des contacts réguliers avec la famille, les amis ou les voisins peut contribuer au bien-être. Les activités communautaires, les loisirs de groupe, le bénévolat et les clubs permettent aussi de créer de nouvelles relations. Une personne vivant en résidence peut profiter des repas partagés et des activités offertes pour éviter de passer de longues périodes seule.
La perte auditive ou les problèmes de vision peuvent parfois pousser une personne à se retirer des conversations et des activités. Faire vérifier son audition et sa vision, puis utiliser les appareils recommandés lorsque nécessaire, peut faciliter la communication et préserver la participation sociale.
Prendre soin du sommeil et de la santé mentale
Un manque de sommeil ou un sommeil fréquemment interrompu peut nuire à l'attention, à la concentration et à la capacité de mémoriser de nouvelles informations. Des habitudes régulières, une chambre calme et une réduction de la caféine ou de l'alcool en soirée peuvent favoriser un meilleur repos.
Des ronflements importants, des pauses respiratoires, une somnolence excessive durant le jour ou une insomnie persistante devraient être discutés avec un professionnel. L'apnée du sommeil et d'autres troubles peuvent perturber la qualité du repos sans que la personne en ait pleinement conscience.
La dépression mérite également une attention particulière. Chez une personne âgée, elle peut parfois se manifester par un manque de motivation, un retrait social, des problèmes de concentration ou des plaintes liées à la mémoire. Obtenir de l'aide permet d'améliorer la qualité de vie et d'éviter d'attribuer automatiquement ces changements au vieillissement.
Reconnaître les signes qui méritent une consultation
Des oublis occasionnels sont fréquents. En revanche, une personne devrait consulter lorsque les difficultés deviennent plus importantes ou interfèrent avec son quotidien. Oublier régulièrement des événements récents, se perdre dans un endroit familier, avoir de la difficulté à gérer ses finances, répéter constamment les mêmes questions ou ne plus réussir à effectuer une tâche connue sont des signes qui méritent une évaluation.
Certains problèmes de mémoire peuvent être aggravés par une infection, une carence nutritionnelle, un trouble de la thyroïde, un médicament, une dépression ou un problème de sommeil. Une évaluation permet donc de rechercher différentes causes plutôt que de conclure immédiatement à une démence.
Il n'est jamais trop tôt ni trop tard pour prendre soin de la santé du cerveau. Bouger, protéger sa santé cardiovasculaire, demeurer socialement et intellectuellement actif, traiter les problèmes d'audition ou de vision et consulter lorsque des changements inquiétants apparaissent peuvent contribuer à réduire certains risques.
Publication Index Santé : 2026-10-06




















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