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Santé mentale au Canada : plus de la moitié des personnes interrompent leurs soins prématurément

Un nouveau rapport de Recherche en santé mentale Canada révèle que plus de la moitié des Canadiens ayant eu recours à des services de soutien en santé mentale ont interrompu leurs soins plus tôt que prévu ou nécessaire. L'étude met également en lumière des signes croissants de stress, d'anxiété et de fragilité psychologique au sein de la population.

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Santé mentale au Canada : plus de la moitié des personnes interrompent leurs soins prématurément
Un accès aux soins qui ne garantit pas la continuité

Selon les plus récentes données publiées par Recherche en santé mentale Canada (RSMC), 53 % des Canadiens ayant obtenu du soutien en santé mentale affirment avoir interrompu leurs soins avant la fin prévue ou avant d'avoir atteint les résultats souhaités.

Cette situation est particulièrement préoccupante chez les personnes présentant des symptômes importants d'anxiété ou de dépression, qui sont plus nombreuses à abandonner leur démarche thérapeutique malgré leurs besoins persistants.

Pour Akela Peoples, présidente-directrice générale de RSMC, cette réalité soulève des questions importantes sur la qualité et la pertinence des services offerts. Selon elle, l'accès aux soins demeure essentiel, mais il doit s'accompagner d'un soutien suffisamment adapté et efficace pour encourager les personnes à poursuivre leur cheminement.

Une santé mentale qui demeure sous pression

Le rapport trimestriel intitulé « Comprendre la santé mentale des Canadiens » dresse un portrait nuancé de la situation actuelle. Si certains indicateurs globaux semblent relativement stables, plusieurs signes démontrent que la pression psychologique demeure importante.

Les niveaux élevés d'anxiété autodéclarée se maintiennent à 11 %, tandis que les niveaux élevés de dépression atteignent 9 %. Toutefois, la proportion de Canadiens présentant des symptômes modérés ou sévères d'anxiété est passée de 15 % à 18 % depuis la précédente collecte de données.

Parallèlement, la résilience de la population semble s'effriter. Alors que 66 % des Canadiens estimaient récemment avoir une bonne ou excellente capacité à faire face aux difficultés de la vie, cette proportion est désormais tombée à 62 %.

Ces résultats suggèrent qu'une partie importante de la population continue de composer avec un niveau élevé de stress et d'incertitude.

Le rôle grandissant des écrans dans la gestion du stress

L'étude met également en évidence le lien entre l'utilisation intensive des écrans et certains indicateurs de santé mentale.

Les personnes qui passent plus de quatre heures par jour sur les réseaux sociaux, devant des contenus de divertissement ou à jouer à des jeux vidéo présentent environ deux fois plus de risques de signaler des symptômes sévères d'anxiété ou de dépression que celles dont l'utilisation est plus modérée.

Chez les jeunes adultes âgés de 16 à 24 ans, les écrans sont souvent utilisés comme mécanisme d'adaptation au stress. Près des deux tiers des jeunes femmes disent consulter les réseaux sociaux ou regarder des vidéos pour gérer des émotions difficiles, tandis que 42 % des jeunes hommes utilisent principalement les jeux vidéo dans le même objectif.

Les chercheurs précisent toutefois que la technologie n'est pas nécessairement problématique en soi. C'est plutôt l'utilisation excessive ou passive qui peut devenir un indicateur de détresse psychologique.

Les liens humains demeurent essentiels

Malgré la montée des outils numériques, les relations humaines continuent de jouer un rôle central dans le maintien de la santé mentale.

Quatre Canadiens sur cinq affirment trouver du réconfort ou du soutien auprès de leurs amis ou de leur partenaire lorsqu'ils vivent du stress ou des difficultés psychologiques.

Le sentiment d'appartenance à la communauté apparaît également comme un facteur important. Près de la moitié des répondants considèrent avoir un fort sentiment d'appartenance à leur communauté locale, tandis que 41 % estiment au contraire que ce lien demeure faible.

Ces données rappellent l'importance du soutien social dans la prévention et la gestion des problèmes de santé mentale.

D'autres enjeux préoccupants émergent

Le rapport souligne aussi plusieurs autres facteurs pouvant affecter le bien-être psychologique de la population.

Les préoccupations liées à l'alimentation figurent parmi les éléments surveillés de près. Un Canadien sur dix présente des indicateurs associés à un risque de trouble alimentaire. Cette proportion grimpe à 19 % chez les jeunes femmes âgées de 16 à 24 ans.

La santé mentale continue également d'avoir des répercussions importantes dans le monde du travail. Parmi les personnes dont l'état psychologique affecte leur fonctionnement quotidien, 34 % affirment que leur rendement professionnel est fortement perturbé, une hausse par rapport aux données précédentes.

Les difficultés financières demeurent également une source importante de stress. Près de 45 % des Canadiens indiquent que le coût de la vie a un effet négatif sur leur santé mentale, tandis que 36 % s'inquiètent de leur capacité à payer les factures du ménage.

Le Québec affiche les indicateurs les plus favorables

Sur le plan régional, le Québec se démarque positivement. La province présente les plus faibles proportions de personnes rapportant des niveaux élevés d'anxiété et de dépression parmi les régions étudiées.

À l'inverse, le Manitoba et la Saskatchewan enregistrent les niveaux les plus élevés d'anxiété autodéclarée.

Même si ces résultats sont encourageants pour le Québec, les auteurs du rapport rappellent que les enjeux de santé mentale demeurent bien présents partout au pays et que les besoins de soutien restent importants.

Les résultats de cette étude démontrent que la santé mentale des Canadiens demeure fragile malgré une apparente stabilité de certains indicateurs. Les chercheurs estiment qu'il faudra continuer à améliorer l'accès aux services, mais aussi la qualité, la pertinence et la continuité des soins afin de mieux répondre aux besoins de la population.

Source : Recherche en santé mentale Canada (RSMC)


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