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Oui, le Québec manque de médecins !

On entend souvent dire qu'il y a beaucoup de médecins au Québec. En fait, la province compte moins de médecins que la plupart des autres pays développés et devrait mettre fin aux quotas d'admission dans les universités, montre une publication lancée aujourd'hui par l'IEDM.

Oui, le Québec manque de médecins !

MONTRÉAL, le 15 mars 2018 /CNW Telbec/ - « Nous sommes dans un contexte où les besoins en matière de santé sont criants. Un Québécois sur cinq n'a toujours pas de médecin de famille et les listes d'attentes sont toujours un problème », soutient Patrick Déry, analyste en politiques publiques et auteur de la publication. « Comment voulez-vous améliorer l'accessibilité aux soins lorsque l'État effectue un rationnement à l'entrée ? ».

En incluant les résidents, le Québec compte 2,8 médecins par 1000 habitants. Ce ratio est légèrement supérieur à la moyenne canadienne, mais inférieur à celui de la plupart des pays développés. Par exemple, si le Québec avait le même ratio que l'Australie, soit 3,5 médecins par 1000 habitants, il pourrait compter environ 6000 médecins de plus. Et près de 20 000 médecins de plus s'il en avait autant que l'Autriche (5,1).

« Une augmentation du nombre de médecins viendrait combler le manque de main-d'œuvre dans le réseau public et permettrait aux cliniques privées désaffiliées de se développer sans qu'elles ne prive le système public d'effectifs. Tout ça viendrait bonifier l'offre globale de soins, ce dont ont grandement besoin les Québécois », ajoute M. Déry.

Rappelons que le ministre de la Santé - qui a déjà affirmé que la province comptait environ 2000 médecins de trop - a annoncé l'an dernier une baisse du nombre d'admissions en médecine afin d'éviter que de futurs diplômés se retrouvent au chômage.

« Tenter de planifier des années à l'avance le développement d'un domaine aussi vaste et complexe que la santé est voué à l'échec. Le ministère de la Santé essaie toujours de prédire les besoins des Québécois en calculant dix ans à l'avance le nombre de médecins qu'il faudra pour les combler. Mais au final, il ne réussit qu'à faire attendre les patients, car il manque toujours de médecins », renchérit l'auteur de la publication.

« Il faut laisser tomber le contingentement artificiel du nombre d'admissions et permettre à tous ceux qui en ont les capacités d'étudier en médecine. Cela permettrait d'insuffler une bonne dose d'oxygène au système de santé québécois, qui pourrait se développer au gré des besoins des patients, et non selon les diktats des bureaucrates et des politiciens », conclut Michel Kelly-Gagnon, président et directeur général de l'IEDM.

Publication Index Santé : 2018-03-15 - Nombre de visites depuis la publication : 37633

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