Cancer au Québec : 67 000 nouveaux diagnostics prévus en 2026
Environ 67 000 Québécoises et Québécois devraient recevoir un diagnostic de cancer en 2026, selon les projections citées par la Société canadienne du cancer. À l'approche des élections provinciales du 5 octobre, l'organisme demande aux partis politiques de prendre des engagements pour améliorer les soins, renforcer la prévention et réduire les conséquences financières de la maladie.

À quelques semaines des élections générales québécoises du 5 octobre, la Société canadienne du cancer (SCC) interpelle les partis politiques afin que la lutte contre le cancer occupe une place importante dans leurs engagements électoraux.
Selon les données présentées par l'organisme, le cancer est responsable de 3 décès sur 10 au Québec et constitue la première cause de mortalité dans la province. Environ 67 000 Québécoises et Québécois devraient par ailleurs recevoir un diagnostic de cancer en 2026.
La SCC souligne que le nombre de nouveaux cas devrait continuer d'augmenter au cours des prochaines années, notamment en raison de la croissance et du vieillissement de la population.
Dans ce contexte, l'organisme présente trois grandes priorités : améliorer l'accès aux soins et aux services en oncologie, investir davantage dans la prévention du cancer et réduire le fardeau financier supporté par les personnes atteintes et leurs proches.
Améliorer l'accès au dépistage du cancer
La première demande concerne l'accès au diagnostic, au dépistage et aux traitements.
La SCC souhaite notamment la mise en place d'un programme organisé de dépistage du cancer colorectal au Québec. Selon l'organisme, le Québec demeure la seule province canadienne à ne pas disposer d'un tel programme organisé.
Elle demande également que l'accès au Programme québécois de dépistage du cancer du sein soit élargi aux femmes âgées de 40 à 49 ans.
La détection de certains cancers à un stade plus précoce peut permettre d'entreprendre les traitements plus rapidement et, selon le type de cancer et la situation de la personne, améliorer les possibilités de traitement et les chances de survie.
La SCC souhaite aussi que davantage de personnes atteintes de cancer puissent avoir accès aux essais cliniques au Québec. Ces études peuvent permettre à certains patients d'accéder à des traitements novateurs tout en contribuant au développement des connaissances et à l'amélioration des soins en oncologie.
Près de 4 cancers sur 10 pourraient être évités
La prévention constitue la deuxième grande priorité présentée par la Société canadienne du cancer.
Selon l'organisme, près de 4 cas de cancer sur 10 pourraient être évités grâce à l'adoption de saines habitudes de vie et à la mise en place de politiques publiques favorables à la santé.
La réduction du tabagisme et de la consommation d'alcool, l'activité physique et une alimentation saine font partie des moyens mis de l'avant pour réduire certains facteurs de risque associés au cancer et à plusieurs autres maladies chroniques.
La SCC demande donc au prochain gouvernement d'augmenter les investissements consacrés à la prévention.
Elle propose notamment d'utiliser davantage la taxation de certains produits considérés comme nocifs pour la santé afin d'en réduire la consommation. Une partie des revenus provenant de ces taxes pourrait ensuite être réinvestie dans des programmes de prévention du cancer et de promotion de la santé.
Le cancer entraînerait près de 33 000 $ de coûts à vie
Les conséquences d'un diagnostic ne sont pas uniquement médicales. Elles peuvent également affecter considérablement les finances d'une personne et de sa famille.
Selon les données présentées par la SCC, le cancer coûte en moyenne près de 33 000 $ à vie aux personnes touchées par la maladie.
Ces dépenses peuvent notamment être liées aux déplacements nécessaires pour recevoir des traitements, mais les répercussions financières peuvent également être aggravées par une diminution des revenus ou par les besoins d'accompagnement.
La SCC demande donc au prochain gouvernement de prendre davantage en considération les dépenses assumées directement par les personnes atteintes de cancer et leurs proches.
Les déplacements pour recevoir des traitements en région
La question des déplacements représente un enjeu particulier pour les personnes qui vivent en milieu rural ou dans une région éloignée.
La SCC souhaite que le Programme de remboursement des frais de déplacement soit modifié afin de mieux correspondre à la réalité des personnes qui doivent parcourir de longues distances pour recevoir leurs traitements contre le cancer.
L'organisme remet notamment en question certains critères actuels reposant sur une distance de 200 kilomètres ou plus. Selon la SCC, ces règles peuvent exclure des déplacements pourtant nécessaires pour accéder aux soins et entraîner des différences importantes entre les patients selon leur lieu de résidence.
Une amélioration du remboursement pourrait ainsi contribuer à réduire une partie des coûts associés aux traitements pour les personnes qui n'habitent pas à proximité d'un centre offrant les services oncologiques dont elles ont besoin.
Les proches aidants également touchés financièrement
La Société canadienne du cancer demande également que les mesures fiscales destinées aux personnes malades et aux proches aidants soient mieux adaptées à la réalité du cancer.
Selon l'organisme, certaines règles actuelles exigent qu'une personne soit considérée comme invalide pendant au moins 12 mois consécutifs pour avoir accès à certains crédits d'impôt.
La SCC souligne toutefois que les traitements oncologiques durent en moyenne environ 8 mois. Ce décalage peut faire en sorte que certaines personnes touchées par le cancer ne répondent pas aux critères malgré les conséquences importantes de la maladie et des traitements sur leur quotidien.
L'organisme demande notamment une adaptation du crédit d'impôt pour personnes handicapées et des mesures fiscales destinées aux personnes aidantes.
Trois priorités soumises aux partis politiques
À l'approche du scrutin du 5 octobre, la Société canadienne du cancer souhaite finalement obtenir des engagements de l'ensemble des formations politiques.
Ses demandes s'articulent autour de trois axes : améliorer l'accès aux soins, au dépistage et aux traitements en oncologie, renforcer les politiques de prévention et réduire les conséquences financières d'un diagnostic de cancer pour les patients et leurs proches.
Avec environ 67 000 nouveaux diagnostics prévus au Québec en 2026 et un nombre de cas appelé à augmenter avec le vieillissement de la population, la SCC estime que les décisions prises au cours des prochaines années auront des répercussions importantes sur la capacité du réseau de la santé à répondre aux besoins des personnes touchées par la maladie.
Source : Société canadienne du cancer
Publication Index Santé : 2026-09-15















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