Santé mentale des jeunes : Ottawa finance une étude sur les effets des réseaux sociaux et du numérique
Le gouvernement du Canada accorde 376 540 $ à Santé des enfants Canada pour étudier les effets des environnements numériques sur la santé mentale et le bien-être des jeunes. Le projet s'intéressera notamment à l'engagement numérique et à l'exposition à la désinformation.

Les réseaux sociaux, les plateformes numériques et maintenant les outils d'intelligence artificielle occupent une place grandissante dans la vie quotidienne des enfants et des adolescents. Le gouvernement fédéral souhaite mieux comprendre les conséquences que cet environnement peut avoir sur leur santé mentale et leur bien-être.
Le ministre de l'Identité et de la Culture canadiennes, Marc Miller, a annoncé l'octroi d'un financement de 376 540 $ à Santé des enfants Canada pour la réalisation du projet Mind Over Media.
L'annonce a été faite lors d'une visite à l'Hôpital pour enfants de l'Alberta, à Calgary.
Le projet cherchera notamment à mieux documenter les répercussions possibles de l'utilisation des environnements numériques sur la santé mentale des jeunes. Les chercheurs s'intéresseront également aux préjudices potentiels et aux coûts qui peuvent être associés à l'engagement numérique et à l'exposition à la désinformation.
Des ressources destinées aux professionnels de la santé
Les travaux ne serviront pas uniquement à recueillir de nouvelles données. Le projet Mind Over Media prévoit également le développement de ressources pratiques destinées aux professionnels de la santé.
L'objectif est de leur permettre de mieux comprendre les réalités auxquelles sont confrontés les jeunes dans leur utilisation des technologies numériques et de mieux intervenir lorsque celles-ci ont des répercussions sur leur bien-être.
Santé des enfants Canada prévoit réunir des données probantes ainsi que l'expertise de professionnels provenant du milieu de la santé infantile.
Les conclusions obtenues pourraient ensuite être utilisées pour orienter certaines politiques publiques et déterminer les futures priorités canadiennes concernant la sécurité des enfants et des adolescents en ligne.
Une présence numérique de plus en plus importante
Le gouvernement reconnaît que les environnements numériques occupent désormais une place considérable dans la vie des enfants, alors que leurs effets sur la santé et le bien-être ne sont pas encore entièrement compris.
Les préoccupations ne concernent pas uniquement le temps passé devant un écran. L'exposition à certains contenus, la désinformation, les interactions sur les réseaux sociaux et les nouvelles technologies peuvent également soulever des questions concernant la sécurité et le développement des jeunes.
Le projet Mind Over Media cherchera ainsi à mieux documenter ces différentes réalités plutôt qu'à considérer l'utilisation du numérique comme un phénomène unique.
Cette approche pourrait permettre de mieux distinguer les usages pouvant présenter des avantages de ceux qui sont susceptibles de contribuer à certains préjudices.
De nouvelles obligations envisagées pour les réseaux sociaux
Le financement est annoncé alors que le gouvernement fédéral cherche parallèlement à renforcer son encadrement des plateformes numériques.
En juin 2026, Ottawa a présenté le projet de loi C-34, la Loi sur les médias sociaux sécuritaires. Celui-ci vise notamment les services de médias sociaux ainsi que certains agents conversationnels fonctionnant avec l'intelligence artificielle.
Le projet de loi prévoit que les services visés devraient mettre en place des mesures de sécurité adaptées à l'âge afin de mieux protéger les enfants. Les entreprises auraient également la responsabilité de réduire les risques d'exposition à certains contenus préjudiciables.
Certaines catégories de contenus devraient par ailleurs être rendues rapidement inaccessibles. Cela comprendrait notamment les contenus qui victimisent sexuellement des enfants, ceux qui perpétuent la victimisation de survivants ainsi que certaines images intimes diffusées sans consentement.
Cette dernière catégorie comprendrait également les images sexuelles produites à l'aide de technologies d'hypertrucage.
Une plus grande transparence demandée aux plateformes
Le gouvernement souhaite également imposer davantage de transparence aux entreprises qui exploitent les services numériques visés par la future législation.
Les services réglementés devraient notamment produire et rendre publics des plans de sécurité numérique expliquant la manière dont ils respectent leurs obligations.
Une nouvelle Commission canadienne de la sécurité numérique, présentée comme un organisme indépendant, serait chargée de superviser certaines de ces nouvelles exigences.
L'approche proposée vise ainsi à transférer une partie de la responsabilité de la sécurité en ligne vers les entreprises qui conçoivent et exploitent les plateformes, plutôt que de faire reposer cette responsabilité uniquement sur les utilisateurs et les parents.
La santé mentale au cœur des préoccupations
Santé des enfants Canada souligne qu'il reste encore beaucoup à apprendre sur les effets réels des environnements numériques sur la santé et le bien-être des enfants.
L'organisme souhaite utiliser le projet Mind Over Media pour rassembler des connaissances provenant de l'ensemble de la communauté des professionnels de la santé infantile.
Les résultats pourraient éventuellement aider les professionnels, les familles et les décideurs à mieux comprendre les situations dans lesquelles certaines habitudes numériques deviennent préoccupantes et les interventions qui pourraient favoriser une utilisation plus saine des technologies.
Pour le gouvernement fédéral, ces travaux s'inscrivent dans une démarche plus large visant à permettre aux jeunes de profiter des possibilités offertes par les nouvelles technologies tout en réduisant les risques auxquels ils peuvent être exposés.
À mesure que les réseaux sociaux et l'intelligence artificielle prennent une place plus importante dans le quotidien, les connaissances issues de projets comme Mind Over Media pourraient contribuer à mieux définir la façon de protéger la santé mentale et le bien-être des enfants et des adolescents dans leur vie numérique.
Source : Patrimoine canadien
Publication Index Santé : 2026-09-10















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