Prothèses auditives : la RAMQ pourrait couvrir davantage le deuxième appareil
Un engagement politique annoncé le 11 septembre propose d'élargir la couverture d'une deuxième prothèse auditive aux personnes admissibles au programme public de la RAMQ. L'Association professionnelle des audioprothésistes du Québec accueille favorablement cette proposition, mais réclame une réforme plus large du programme.

L'accès aux prothèses auditives pourrait être élargi au Québec. L'Association professionnelle des audioprothésistes du Québec (APAQ) accueille favorablement un engagement annoncé le 11 septembre par l'Équipe Fréchette concernant la couverture d'une deuxième prothèse auditive.
La proposition vise les personnes admissibles au programme public d'aides auditives administré par la Régie de l'assurance maladie du Québec (RAMQ).
Actuellement, la RAMQ peut assumer le coût d'une deuxième prothèse auditive pour certaines clientèles, mais cette couverture est soumise à des critères précis. Selon l'APAQ, plusieurs personnes, notamment des retraités présentant une perte auditive aux deux oreilles, doivent ainsi payer elles-mêmes leur deuxième appareil.
L'Association considère donc l'engagement annoncé comme une avancée susceptible de réduire cette différence d'accès.
Une perte auditive qui peut toucher les deux oreilles
Lorsqu'une personne présente une perte auditive bilatérale, c'est-à-dire qui touche les deux oreilles, ses besoins peuvent justifier le port de deux prothèses auditives.
Pour l'APAQ, l'admissibilité au programme public devrait davantage tenir compte de ces besoins cliniques. L'Association soutient qu'une recommandation formulée par un professionnel de la santé habilité devrait occuper une place centrale dans la décision de couvrir les appareils nécessaires.
Elle estime également que le besoin de bien entendre et de communiquer demeure important après la vie active. Le fait d'être retraité ne devrait donc pas, selon elle, limiter l'accès à un appareillage bilatéral lorsque celui-ci est jugé nécessaire.
L'APAQ souhaite élargir l'admissibilité au programme
La couverture de la deuxième prothèse ne représente qu'une partie des changements réclamés par l'Association.
L'APAQ demande depuis plusieurs années une modernisation du programme public d'aides auditives. Elle souhaite notamment que les personnes présentant une perte auditive légère à modérée puissent plus facilement être admissibles lorsqu'elles ont besoin d'un appareillage.
Selon l'Association, l'élargissement de l'accès ne devrait pas reposer uniquement sur l'arrivée éventuelle d'aides auditives offertes en vente libre. Les personnes concernées devraient également pouvoir avoir accès à des prothèses fournies et ajustées par un audioprothésiste lorsqu'une telle solution correspond à leurs besoins.
L'APAQ affirme avoir déjà collaboré avec la RAMQ afin d'élargir la couverture du programme, mais considère que les critères actuels demeurent trop restrictifs.
Payer la différence pour obtenir une technologie différente
L'Association propose également de modifier la façon dont la contribution publique peut être utilisée pour l'achat d'une prothèse auditive.
Elle souhaite qu'un patient puisse appliquer la contribution de base offerte par le programme public à l'achat d'une prothèse utilisant une technologie plus avancée, puis payer lui-même la différence de prix.
Une option entièrement couverte par le régime public continuerait parallèlement d'être offerte.
Selon l'APAQ, cette formule permettrait aux patients qui le souhaitent d'avoir davantage de choix sans éliminer l'accès à une solution entièrement prise en charge par le programme.
Cette proposition, tout comme l'élargissement des critères d'admissibilité, constitue une demande de l'Association et ne fait pas partie des règles actuelles du programme de la RAMQ.
Des aides auditives en vente libre également proposées
L'engagement politique présenté par l'Équipe Fréchette comprend également l'intention de permettre la vente libre de certaines aides auditives destinées aux personnes présentant une perte auditive légère à modérée.
L'APAQ affirme ne pas être opposée au principe, mais demande que cette nouvelle possibilité soit accompagnée d'un encadrement réglementaire.
L'Association souhaite notamment qu'une consultation auprès d'un professionnel de l'audition soit requise avant l'achat d'une aide auditive en vente libre.
Selon elle, cette consultation permettrait de mieux déterminer les besoins de la personne et de l'orienter vers une évaluation complémentaire lorsque sa situation le nécessite.
Trois changements réclamés au programme de la RAMQ
Dans le contexte de la campagne électorale provinciale, l'APAQ demande finalement à l'ensemble des partis politiques de se prononcer sur une modernisation du programme public d'aides auditives.
Ses demandes reposent principalement sur trois changements : permettre la couverture de deux prothèses lorsque les besoins cliniques le justifient, élargir l'admissibilité aux personnes ayant une perte auditive légère à modérée qui nécessitent un appareillage et permettre d'utiliser la contribution publique pour acheter une prothèse plus avancée en payant la différence.
L'Association souhaite que ces propositions deviennent des engagements électoraux et se dit disponible pour collaborer avec les différentes formations politiques.
L'engagement concernant la deuxième prothèse constitue donc, pour l'APAQ, une première étape. L'organisme souhaite maintenant que la réflexion s'étende à l'ensemble du programme afin que les critères de couverture tiennent davantage compte des besoins auditifs des Québécois.
L'APAQ représente 515 audioprothésistes et indique regrouper environ 95 % des professionnels en exercice au Québec.
Source : Association professionnelle des audioprothésistes du Québec (APAQ)
Publication Index Santé : 2026-09-15











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