Seulement 25 % des enfants de 0 à 4 ans respectent les recommandations pour bouger, dormir et limiter les écrans
Selon un nouveau rapport de ParticipACTION, seulement un enfant canadien sur quatre âgé de 0 à 4 ans respecte l'ensemble des recommandations concernant l'activité physique, le sommeil et le temps d'écran. Malgré des résultats encourageants pour l'activité physique et le sommeil, plusieurs défis demeurent pour favoriser de saines habitudes de vie dès la petite enfance.

ParticipACTION dévoile son premier Bulletin de l'activité physique chez les enfants de 0 à 4 ans, une publication qui présente un portrait des habitudes de mouvement des tout-petits au Canada.
Publié le 20 octobre 2026, ce rapport rassemble des données nationales, pancanadiennes et régionales portant sur l'activité physique, les comportements sédentaires et le sommeil des jeunes enfants.
L'objectif est de mieux comprendre les habitudes de vie des enfants dès leurs premières années et de disposer d'une référence pour mesurer les progrès au fil du temps.
Selon ParticipACTION, la petite enfance constitue une période déterminante pour le développement physique, cognitif et émotionnel. Pourtant, les habitudes de mouvement des enfants de moins de cinq ans ont longtemps reçu moins d'attention que celles des enfants d'âge scolaire.
Le nouveau bulletin souhaite ainsi mettre en lumière les progrès réalisés, mais également les difficultés qui persistent.
Seulement un enfant sur quatre respecte les trois recommandations
Les résultats du rapport révèlent que plusieurs jeunes enfants canadiens adoptent déjà certaines habitudes favorables à leur santé.
En effet, 67 % des enfants âgés de 0 à 4 ans respectent les recommandations en matière d'activité physique, tandis que 80 % satisfont aux recommandations concernant le sommeil.
La situation est toutefois moins encourageante lorsqu'il est question du temps passé devant les écrans.
Seulement 48 % des enfants respectent les recommandations relatives au temps d'écran adaptées à leur âge.
Plus préoccupant encore, seulement 25 % des enfants de 0 à 4 ans respectent simultanément les trois recommandations concernant l'activité physique, le sommeil et le temps d'écran.
Ces résultats montrent qu'un enfant peut être suffisamment actif ou dormir adéquatement sans nécessairement présenter un équilibre optimal entre les différents comportements de mouvement au cours d'une journée.
Le temps d'écran demeure un défi important
Le temps passé devant les écrans représente l'un des principaux points à améliorer selon les données présentées par ParticipACTION.
Les téléviseurs, les tablettes et les téléphones intelligents occupent aujourd'hui une place importante dans le quotidien de nombreuses familles.
Même si ces technologies peuvent avoir certaines utilisations éducatives, un temps d'écran excessif peut réduire les occasions de jeu actif et remplacer d'autres activités importantes pour le développement des jeunes enfants.
Les directives canadiennes en matière de mouvement sur 24 heures recommandent d'éviter le temps d'écran chez les enfants de moins de deux ans. Pour les enfants de deux à quatre ans, le temps d'écran sédentaire ne devrait pas dépasser une heure par jour, et moins est préférable.
Ces recommandations visent notamment à favoriser les interactions sociales, le jeu libre, l'exploration et les activités physiques adaptées à l'âge de l'enfant.
Pour les familles, l'enjeu consiste à trouver un équilibre entre les différentes activités quotidiennes, sans négliger les périodes de repos et de sommeil.
Bouger dès la petite enfance favorise le développement
L'activité physique joue un rôle important dans le développement global des jeunes enfants.
Selon ParticipACTION, le fait de bouger régulièrement, de limiter les comportements sédentaires et de dormir suffisamment peut contribuer au développement du cerveau, des muscles, des os et du langage.
Ces habitudes peuvent également favoriser le bien-être émotionnel et l'acquisition de compétences motrices essentielles.
Chez les tout-petits, l'activité physique ne se limite pas aux sports organisés. Elle comprend notamment les jeux au sol, les déplacements, la marche, la course, les mouvements spontanés et les activités qui permettent d'explorer leur environnement.
Le jeu actif contribue à développer l'équilibre, la coordination et la confiance dans les capacités physiques.
Les occasions de bouger peuvent être intégrées naturellement à la routine familiale, notamment lors des sorties au parc, des jeux à l'extérieur ou des activités quotidiennes à la maison.
Pour les spécialistes, l'objectif est de favoriser des habitudes positives dès les premières années afin qu'elles puissent se maintenir pendant l'enfance et plus tard dans la vie.
Le sommeil est tout aussi important que l'activité physique
Le rapport rappelle que les comportements de mouvement doivent être considérés dans leur ensemble.
Le sommeil représente notamment une composante essentielle de la croissance et du développement des jeunes enfants.
Des périodes de repos suffisantes favorisent la récupération physique, la régulation des émotions et plusieurs fonctions importantes pour l'apprentissage.
Les besoins en sommeil varient selon l'âge, particulièrement durant les premières années de vie.
Les directives canadiennes recommandent notamment de 11 à 14 heures de sommeil par période de 24 heures pour les enfants de un à deux ans, et de 10 à 13 heures pour ceux de trois à quatre ans, siestes comprises.
Le fait que 80 % des enfants de 0 à 4 ans respectent les recommandations relatives au sommeil constitue donc un résultat encourageant.
Toutefois, ParticipACTION souligne l'importance de maintenir un équilibre entre les périodes d'activité, les moments plus calmes et le repos.
Des inégalités dans l'accès aux activités physiques
Le bulletin révèle également que tous les enfants canadiens ne disposent pas des mêmes possibilités pour jouer et bouger.
Les enfants vivant dans des ménages à faible revenu ont généralement moins accès aux installations récréatives et aux terrains de jeux.
Ils sont également moins susceptibles de participer à des activités physiques organisées, comme les cours de natation, de danse ou de soccer.
Des différences sont aussi observées entre les milieux ruraux et urbains, ainsi qu'entre les populations racisées et non racisées.
Ces inégalités peuvent notamment être liées au coût des activités, à l'accessibilité des installations, aux possibilités de transport et à la disponibilité des espaces de jeu.
Pour ParticipACTION, l'amélioration des habitudes de mouvement ne doit donc pas reposer uniquement sur les choix individuels des familles.
Les municipalités, les gouvernements, les organismes communautaires et les milieux éducatifs ont également un rôle important à jouer pour rendre les activités physiques plus accessibles.
Les services de garde et les familles ont un rôle essentiel
Les premières années de vie offrent de nombreuses occasions d'encourager le mouvement dans différents environnements.
À la maison, les parents peuvent favoriser le jeu libre, les activités extérieures et les périodes de mouvement adaptées aux capacités de leurs enfants.
Dans les services de garde et les milieux d'éducation à la petite enfance, le personnel éducatif peut également contribuer à intégrer davantage d'activités physiques dans les routines quotidiennes.
Les espaces de jeu sécuritaires, les activités variées et les occasions d'exploration permettent aux enfants de développer progressivement leurs habiletés motrices.
Selon Valerie Carson, directrice scientifique en chef du Bulletin de ParticipACTION, l'adoption de saines habitudes de mouvement dès la petite enfance constitue une priorité pour favoriser la santé et le bien-être à long terme.
L'organisme souhaite que les résultats de ce premier bulletin national servent à orienter les politiques publiques, les investissements et les initiatives communautaires.
Avec seulement 25 % des tout-petits qui respectent l'ensemble des recommandations, le rapport souligne la nécessité de poursuivre les efforts pour permettre à davantage d'enfants de bouger suffisamment, de limiter leur temps d'écran et de bénéficier d'un sommeil adéquat.
Source : ParticipACTION
Publication Index Santé : 2026-10-20









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