Les Canadiens sont-ils prêts à vivre plus longtemps? Une étude révèle plusieurs lacunes
Les Canadiens obtiennent une note moyenne de 60 sur 100 en matière de préparation à la longévité, selon une nouvelle étude de Manuvie et du MIT AgeLab. Si les liens sociaux et la vie communautaire constituent des points forts, la planification des soins, le logement et la santé représentent les principales faiblesses dans la préparation au vieillissement.

L'espérance de vie s'allonge au Canada, mais cette évolution s'accompagne de nouveaux défis pour les personnes qui souhaitent vieillir en santé et conserver leur autonomie. Selon le premier Indice de préparation à la longévité au Canada, publié le 27 octobre 2026 par Manuvie et le MIT AgeLab, les Canadiens obtiennent une note globale de seulement 60 sur 100.
Cette étude évalue la capacité de la population à se préparer aux différentes réalités d'une vie plus longue. Contrairement aux approches qui se concentrent principalement sur l'épargne et la retraite, l'indice tient compte de plusieurs dimensions du bien-être, notamment la santé, le logement, les soins, les relations sociales et la participation à la vie communautaire.
Les résultats montrent que la préparation au vieillissement ne dépend pas uniquement des ressources financières. Même les personnes disposant d'une certaine sécurité économique peuvent rencontrer des difficultés si elles n'ont pas anticipé leurs besoins futurs en matière de soins, d'habitation ou de soutien personnel.
Les soins et le logement représentent les principales faiblesses
L'indice repose sur huit dimensions de la préparation à la longévité, chacune évaluée sur une échelle de 0 à 100. Les résultats les plus élevés concernent la collectivité, avec une note de 75, suivie des liens sociaux à 69 et des finances à 66.
Les activités quotidiennes et la capacité à s'adapter aux transitions de vie obtiennent toutes deux une note de 60. Les résultats sont toutefois moins encourageants pour la santé, qui reçoit 55 sur 100, et le logement, avec 53.
La planification des soins constitue la principale faiblesse relevée par l'étude, avec une note de seulement 40 sur 100. Cette dimension comprend notamment l'anticipation des besoins en soins de longue durée et les responsabilités liées à l'accompagnement d'un proche.
Ces résultats suggèrent que plusieurs Canadiens entretiennent des relations sociales satisfaisantes et bénéficient d'un environnement communautaire favorable, mais qu'ils sont moins préparés aux changements susceptibles d'affecter leur autonomie et leurs besoins de soutien avec l'âge.
La planification des soins est souvent reportée
L'une des principales conclusions de l'étude concerne le manque de préparation aux besoins futurs en matière de soins. Seulement 11 % des répondants considèrent actuellement les soins de longue durée et les responsabilités de proche aidant comme une priorité importante.
Cette proportion augmente toutefois à 26 % lorsqu'ils réfléchissent aux éléments qui pourraient influencer leur bien-être plus tard dans leur vie. Cet écart laisse croire que plusieurs personnes reconnaissent l'importance des soins futurs, mais ne les intègrent pas encore à leur planification personnelle.
Or, le vieillissement peut entraîner des besoins d'assistance pour certaines activités quotidiennes, des changements dans l'état de santé ou la nécessité de recevoir des services à domicile. Dans certains cas, une personne peut également devoir envisager un milieu de vie offrant davantage de soutien.
La planification peut notamment comprendre une réflexion sur les préférences en matière de soins, les ressources disponibles, les coûts possibles et le rôle que pourraient jouer les proches. Une préparation anticipée peut faciliter certaines décisions lorsque les besoins deviennent plus importants.
La santé demeure la priorité des Canadiens
Même si la préparation en matière de santé obtient une note relativement faible de 55 sur 100, cette dimension demeure celle à laquelle les Canadiens accordent le plus d'importance.
Selon l'étude, 67 % des répondants placent la santé parmi leurs principales priorités actuelles, tandis que 66 % mentionnent les finances. Cette proximité montre que le bien-être physique et la sécurité financière occupent une place centrale dans les préoccupations de la population.
L'écart entre l'importance accordée à la santé et le niveau de préparation mesuré soulève toutefois des questions. Reconnaître la nécessité de préserver sa santé ne signifie pas nécessairement que toutes les mesures de prévention et de planification sont déjà en place.
La préparation à la longévité peut notamment passer par le suivi des maladies chroniques, l'adoption de saines habitudes de vie, le maintien de l'activité physique et la surveillance de la santé cognitive. Elle comprend également la capacité à obtenir des soins appropriés lorsque des problèmes de santé apparaissent.
Le logement joue un rôle essentiel dans le maintien de l'autonomie
Avec une note de 53 sur 100, le logement figure parmi les domaines où les Canadiens semblent les moins bien préparés à une vie prolongée.
Pourtant, l'environnement résidentiel peut avoir une influence importante sur la sécurité, l'autonomie et la qualité de vie des personnes vieillissantes. Une habitation adaptée aux besoins physiques peut faciliter les déplacements et réduire certains risques associés aux limitations fonctionnelles.
Au fil des années, certaines personnes peuvent devoir envisager des modifications à leur domicile, notamment pour améliorer l'accessibilité des pièces, sécuriser les escaliers ou faciliter l'utilisation de la salle de bain.
D'autres pourraient choisir de déménager dans un logement plus facile à entretenir ou situé à proximité des services de santé, des commerces et des transports.
Les résultats de l'étude rappellent ainsi que la préparation à la retraite devrait également comprendre une réflexion sur le milieu de vie souhaité et sur sa capacité à répondre aux besoins futurs.
Les relations sociales et la collectivité constituent des forces
Les dimensions les mieux évaluées dans l'étude concernent les liens sociaux et l'environnement communautaire. Avec des notes respectives de 69 et 75, ces résultats suggèrent que les Canadiens disposent de certains atouts pour favoriser leur bien-être à long terme.
Les relations avec la famille, les amis et les membres de la communauté peuvent jouer un rôle important dans le maintien de la santé mentale et dans la prévention de l'isolement social.
La proximité des services, des activités récréatives et des moyens de transport contribue également à faciliter la participation à la vie quotidienne. Pour les personnes âgées, ces éléments peuvent devenir particulièrement importants lorsque les déplacements sont plus difficiles ou que les besoins de soutien augmentent.
Le maintien d'une vie sociale active et l'accès à des ressources communautaires peuvent ainsi contribuer à préserver le sentiment d'appartenance et à favoriser un vieillissement plus autonome.
La planification financière est associée à une meilleure préparation
L'étude révèle également une différence entre les personnes qui ont recours à un conseiller financier et celles qui n'en ont jamais consulté.
Les répondants accompagnés par un conseiller obtiennent une note moyenne de 63 sur 100 à l'indice de préparation à la longévité, comparativement à 57 pour ceux qui n'ont jamais eu recours à ce type de service.
Cette différence est observée dans les huit dimensions évaluées, y compris la santé, les soins, les relations sociales et les activités quotidiennes.
Lorsque les discussions avec un conseiller abordent directement les enjeux liés à la longévité, la note moyenne atteint 66, contre 61 lorsque ces sujets ne sont pas abordés.
Ces résultats montrent une association entre le recours aux conseils financiers et un niveau de préparation plus élevé. Ils ne permettent toutefois pas de conclure que la consultation d'un conseiller constitue à elle seule la cause de cette meilleure préparation.
L'étude observe également des notes généralement plus élevées chez les personnes plus âgées, celles ayant un revenu ou un niveau de scolarité supérieur, les personnes vivant en milieu urbain ainsi que celles qui sont mariées ou en couple.
Une nouvelle réflexion sur le vieillissement au Canada
L'Indice de préparation à la longévité a été développé initialement par le MIT AgeLab et John Hancock en 2025. Son adaptation canadienne vise à mieux comprendre les défis auxquels la population devra faire face avec l'allongement de l'espérance de vie.
L'enquête canadienne a été réalisée en ligne par Ipsos, du 3 au 10 juin 2026, auprès de 1 025 adultes âgés de 18 ans et plus. Un suréchantillonnage a été effectué au Québec pour permettre certaines comparaisons, et les résultats ont été pondérés afin de refléter la composition de la population canadienne.
Les résultats seront notamment présentés dans le cadre de la série de symposiums sur la longévité organisée par Manuvie, dont le premier événement canadien se déroule à Vancouver. D'autres rencontres sont prévues à Montréal et à Toronto en novembre.
Fait intéressant, les États-Unis obtiennent également une note globale de 60 sur 100 dans les résultats actualisés de cet indice, ce qui suggère que les défis de préparation à la longévité dépassent les frontières canadiennes.
Pour Manuvie et le MIT AgeLab, les résultats soulignent l'importance d'aborder le vieillissement dans une perspective globale. La sécurité financière demeure essentielle, mais la santé, les soins, le logement et les relations sociales doivent également faire partie des réflexions pour permettre à davantage de personnes de vieillir dans de bonnes conditions.
Source : Société Financière Manuvie, en collaboration avec le MIT AgeLab
Publication Index Santé : 2026-10-27












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