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Plus d'un quart des hommes Canadiens craignent que le fait de discuter de santé mentale au travail puisse mettre leur emploi en danger

Nouvelle étude publiée par Movember à l'occasion de la Journée mondiale de prévention du suicide. L'étude a également révélé que seulement 54 % des hommes ayant un emploi ont déclaré qu'ils seraient en mesure de s'absenter du travail pour des raisons de santé mentale ou personnelles.

Plus d'un quart des hommes Canadiens craignent que le fait de discuter de santé mentale au travail puisse mettre leur emploi en danger

TORONTO, le 9 sept. 2019 /CNW/ - Selon une nouvelle étude de Movember, un Canadien sur quatre (28 pour cent) craint que son emploi ne soit menacé s'il discute de sa santé mentale au travail.

Les chiffres publiés par Movember avant la Journée mondiale de prévention du suicide qui se trouve être demain (10 septembre) ont révélé qu'en dépit d'une sensibilisation croissante à la crise de la santé mentale masculine, un tiers des hommes ont déclaré qu'ils seraient réticents à parler de leurs problèmes si cela avait un impact négatif sur leur carrière.

L'étude, menée par Ipsos MORI, portait sur 1 000 Canadiens âgés de 18 à 75 ans. Elle a révélé que 42 pour cent des hommes seraient inquiets de voir leurs collègues faire des commentaires négatifs à leur insu s'ils discutaient de problèmes de santé mentale au travail.

En outre, 33 % des hommes pensent que s'ils mentionnaient avoir de la difficulté à surmonter un problème, cela pourrait les empêcher d'obtenir une promotion au travail.

La majorité des Canadiens sont au courant de la disponibilité de congés liés à la santé mentale dans leur milieu de travail, un peu plus de la moitié (54 %) des hommes ayant un emploi ont dit qu'ils pourraient s'absenter du travail s'ils avaient des problèmes de santé mentale ou autres problèmes personnels. Cependant, cette étude montre que la stigmatisation entourant la santé mentale empêche toujours les hommes de parler de leurs problèmes et de demander de l'aide quand ils en ont besoin.

« Bien que nous ayons fait de grands progrès en commençant à parler ouvertement de ce que nous ressentons, beaucoup d'hommes craignent qu'un problème de santé mentale personnel ne soit révélé, surtout en milieu de travail », dit Brendan Maher, directeur mondial de la santé mentale et de la prévention du suicide de Movember, habitant en Australie.

« Nous devons trouver des moyens efficaces de lutter contre cette stigmatisation afin que les hommes ne soient pas découragés d'obtenir l'aide dont ils ont besoin. Au travail, cela peut commencer par des dirigeants qui encouragent les conversations sur les choses difficiles et rappellent au personnel que personne ne sera pas rabaissé et que chacun sera soutenu s'il a des difficultés. »

Movember s'engage à s'attaquer à la crise de la santé mentale des hommes en investissant dans des programmes de santé mentale et en encourageant les hommes à parler ouvertement de leurs problèmes.

Trois morts sur quatre du suicide sont des hommes et demeurent la principale cause de décès chez les hommes de moins de 44 ans. Les facteurs de risque qui augmentent la vulnérabilité d'un homme à une mauvaise santé mentale et au suicide comprennent une rupture conjugale, un stress aigu, une humeur dépressive persistante et un isolement social.

Pour coïncider avec la Journée mondiale de prévention du suicide, la campagne Man of More Words de Movember vise à encourager les hommes à s'ouvrir quand ils traversent une période difficile. Par le biais d'une série de vidéos et de messages sur les médias sociaux, l'organisme de bienfaisance partage l'histoire d'hommes qui ont bénéficié d'avoir parlé.

L'étude de Movember montre également que plus des trois quarts des Canadiens interrogés (80 pour cent) croient que parler ouvertement est un moyen efficace de s'attaquer aux problèmes.

Brendan Maher ajoute : « Nous demandons à tous d'être un "homme de plus de mots". Nous savons qu'il peut parfois être difficile d'avoir de telles conversations, mais il est essentiel que les gens s'adressent à quelqu'un lorsqu'ils traversent une période difficile. Cela pourrait aussi signifier tendre la main à un ami qui, à votre avis, traverse une période difficile - et prendre le temps de s'arrêter et de l'écouter vraiment. »

ÉTUDE DE CAS CANADIEN : Pompier à la retraite de Vancouver, Erik Bjarnason a lui-même eu des pensées suicidaires à la suite d'une lutte personnelle contre la dépression. Après avoir été pris au piège sur le mont Logan en Colombie-Britannique, Erik a perdu tous ses doigts et un demi-pouce à cause de gelures. Après l'accident, il a commencé à avoir des problèmes de santé mentale, s'éloignant de sa famille et de ses amis et se soignant lui-même avec de l'alcool quand il n'était pas en service. Erik dit que parler lui a sauvé la vie. Depuis, il invite les hommes à parler lorsqu'ils ont des problèmes, mais il désire aussi que les milieux de travail reconnaissent la nécessité de mieux soutenir leurs employés, en particulier au sein de la communauté des premiers intervenants. « Il y a encore un énorme manque de sensibilisation quant à la façon de réagir avec les collègues et les employés qui pourraient éprouver des difficultés. J'ai toujours pensé que j'étais le seul à souffrir. En réalité, il y a une petite armée de pompiers qui souffrent en silence et qui ont désespérément besoin d'aide. »

Pour obtenir plus de renseignements, visitez le site ca.movember.com/fr/

AUTRES ÉTUDES DE CAS CANADIENS DISPONIBLES :

Gendarme Jeremy Shaw, Calgary, Alberta
Gendarme au service de police de Calgary, Jeremy Shaw reconnaît la nécessité d'accroître la sensibilisation de la population relativement aux personnes aux prises avec des problèmes de santé mentale. En tant que premier intervenant, il a vu le suicide de première main sur le terrain, mais il a aussi fait l'expérience du pouvoir qu'il peut avoir dans les rangs. « Beaucoup de gens ne pensent pas à l'impact que ces appels peuvent avoir sur les premiers intervenants. Ils croient qu'un événement traumatisant doit se produire pour que nous puissions avoir des problèmes avec notre santé mentale. Vous n'avez pas à attendre que cela se produise - votre priorité devrait être de vous autoévaluer, même lorsque vous vous sentez bien. »

Kyle Moffatt, Regina, Saskatchewan.
Kyle a vu son père se débattre avec sa santé mentale et ses pensées suicidaires jusqu'à ce qu'il s'enlève la vie il y a quatre ans. Kyle est maintenant un défenseur de la sensibilisation à la santé mentale, de la prévention du suicide et de la nécessité pour les hommes de s'exprimer lorsqu'ils sont aux prises avec des difficultés dès le début. Kyle, qui a lui-même eu des pensées suicidaires au début de la vingtaine, reconnaît que ce n'est pas toujours facile. « Heureusement, j'ai vécu un moment où j'ai décidé que je voulais réécrire ma vie, mais c'est beaucoup plus facile de me sentir ainsi à 24 ans qu'à 48 ans - c'est pourquoi il est si important de parler tôt. »

Andrew Jensen, Ottawa, Ontario
Originaire d'Ottawa, Andrew a subi des attentes et de la pression en jouant au golf professionnellement, ce qui a eu des répercussions sur sa santé mentale. Ayant lutté avec sa santé mentale et ses pensées suicidaires toute sa vie, Andrew s'est tourné vers la thérapie après une tentative de suicide. Andrew affirme maintenant que la santé mentale est aussi importante que la santé physique. « C'est un processus de guérison constant », dit Andrew.

Andrew est établi en Floride où il joue au golf de manière professionnelle. Il peut être joint par téléphone et par Skype.

Ben Meisner, Halifax, Nouvelle-Écosse
En tant que joueur de hockey professionnel débutant, les sentiments d'inadéquation ont mené Ben sur une voie sombre - une voie où il sentait que la seule issue était le suicide. Heureusement, Ben s'est rendu compte de ce qu'il ressentait avant qu'il ne soit trop tard - et il s'est exprimé. Depuis, Ben, qui joue au hockey dans la Deutsche Eishockey Liga 2 (DEL2) à Fribourg, en Allemagne, plaide en faveur du fait que les hommes doivent s'exprimer dans les moments difficiles, particulièrement les membres de la communauté sportive.

Ben habite en Allemagne, mais peut être joint par téléphone et par Skype.

Alexandra (Ali) Wise, Toronto, Ontario
À seulement 18 ans, Alexandra a perdu sa mère d'un cancer de l'ovaire. Trois semaines après le décès de sa mère, le père d'Alexandra s'est suicidé après avoir lutté toute sa vie avec sa santé mentale, particulièrement la dépression. Malheureusement, le père d'Alexandra était tombé dans le piège du silence - ne parlant pas malgré ses luttes internes. « Je ne comprenais pas ce qui se passait avec lui, mentalement. Il avait la santé physique et le choix de vivre. » Alexandra, qui travaille maintenant à la Fondation Movember, a une meilleure compréhension des batailles que beaucoup d'hommes, y compris son père, livrent lorsqu'il s'agit de leur santé mentale. « Aujourd'hui encore, les gens pensent que les hommes doivent être le "chef de famille" et le pilier de la famille - mais les hommes doivent comprendre l'importance de s'exprimer. Cela pourrait vraiment leur sauver la vie. »

David Laskovski, Toronto, Ontario
Répartiteur médical d'urgence pour les services paramédicaux de Toronto, David a reçu de nombreux appels de personnes aux prises avec des pensées suicidaires. Le travail est devenu particulièrement personnel pour David lorsque son équipe a répondu à un appel un soir - quelqu'un avait été retrouvé inconscient et ne respirait plus. En écoutant le coroner lire le nom, l'équipe a réalisé que leur collègue, membre de leur propre équipe, était l'homme qui avait choisi de se suicider. C'est à partir de ce moment que David s'est engagé à en apprendre davantage et à devenir formateur en matière d'intervention face au suicide. « Vous n'êtes pas moins un homme pour vous être exprimé. Vous êtes plus un homme parce que ça veut dire que vous voulez arranger les choses. »

Publication Index Santé : 2019-09-09 - Nombre de visites depuis la publication : 3162

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