Tel-jeunes sonne l'alarme sur la santé mentale des adolescents au Québec
Le Portrait croisé des réalités adolescentes 2026 de Tel-jeunes révèle une détérioration de certains indicateurs de santé mentale chez les adolescents québécois, alors que plusieurs hésitent encore à demander de l'aide. L'organisme propose cinq actions prioritaires et interpelle les partis politiques à l'approche des élections provinciales.

À l'approche de la rentrée scolaire, Tel-jeunes dévoile son Portrait croisé des réalités adolescentes 2026, un document qui rassemble les observations de ses équipes d'intervention, une recension scientifique du Centre RBC de l'Université de Sherbrooke ainsi que les résultats d'un sondage national réalisé avec Léger auprès des adolescents.
Le portrait fait ressortir une tendance préoccupante. La proportion d'élèves du secondaire dont la santé mentale est considérée comme « florissante » serait passée de 47 % en 2016 à 36,6 % en 2022-2023.
En parallèle, les facteurs pouvant protéger les jeunes contre certaines difficultés psychologiques semblent s'affaiblir, notamment le sentiment d'appartenance, la qualité du soutien social et la capacité à se tourner vers une personne de confiance lorsqu'une difficulté survient.
84 % pourraient hésiter à demander de l'aide
L'un des constats importants du rapport concerne la difficulté des adolescents à demander du soutien. Selon les données présentées, 84 % des jeunes de 12 à 17 ans affirment qu'ils pourraient se retenir de demander de l'aide s'ils étaient confrontés à un problème leur paraissant impossible à surmonter seuls.
La peur d'être jugé, la crainte d'inquiéter ses proches, le sentiment de ne pas être compris ou encore la peur de déranger figurent parmi les principaux obstacles évoqués.
Cette situation crée un paradoxe : les difficultés psychologiques prennent davantage de place dans la vie de certains adolescents, mais plusieurs hésitent encore à parler de ce qu'ils vivent ou à utiliser les ressources disponibles.
60 000 demandes d'aide reçues par Tel-jeunes
Les données provenant directement des services de Tel-jeunes permettent également d'illustrer l'ampleur des besoins. En 2025, l'organisme indique avoir reçu 60 000 demandes d'aide.
La moitié de ces demandes concernaient la santé mentale. Plus préoccupant encore, une intervention sur cinq aurait nécessité une évaluation du risque suicidaire.
Certaines populations apparaissent particulièrement vulnérables. Le rapport souligne notamment la situation des filles ainsi que celle des jeunes issus de la diversité sexuelle et de genre.
Les données présentées indiquent également que 25 % des jeunes ressentent de la solitude chaque semaine. Cette proportion atteindrait 48 % chez les adolescents de la communauté 2SLGBTQ+.
Être entouré ne signifie pas toujours se sentir soutenu
Tel-jeunes insiste également sur une distinction importante entre la présence d'un réseau social et la perception d'un véritable soutien.
Les interventions réalisées auprès des jeunes montrent que plusieurs adolescents disposent de personnes autour d'eux, mais ne se sentent pas nécessairement suffisamment compris, écoutés ou en confiance pour parler de leurs difficultés.
Pour l'organisme, l'amélioration de la santé mentale des adolescents passe donc non seulement par la présence de ressources, mais également par la qualité des relations qu'ils entretiennent avec leurs parents, leurs proches, leurs pairs et les adultes significatifs présents dans leur environnement.
Le développement des compétences prosociales est également présenté comme un important facteur de protection. Le sentiment d'appartenance, le soutien social, la gestion des émotions et l'estime de soi peuvent notamment contribuer à mieux traverser les difficultés propres à l'adolescence.
Cinq actions proposées aux partis politiques
À partir des constats du rapport, Tel-jeunes demande aux partis politiques québécois de prendre des engagements concrets concernant les adolescents.
L'organisme propose d'abord de reconnaître officiellement l'adolescence comme une période de vie distincte dans les politiques publiques québécoises.
Il souhaite également la création d'un réseau québécois de pair-aidance permettant de renforcer l'entraide entre les jeunes et de lutter contre l'isolement.
Tel-jeunes demande aussi de bonifier le soutien offert aux professionnels du réseau scolaire afin de mieux répondre aux problèmes d'anxiété et de santé mentale rencontrés chez les adolescents.
Une autre priorité consiste à renforcer les services de première ligne destinés aux jeunes et à leurs parents afin qu'ils puissent obtenir plus rapidement du soutien lorsqu'une difficulté apparaît.
Finalement, l'organisme souhaite mettre sur pied un Rendez-vous national sur l'adolescence réunissant des jeunes ainsi que des représentants des milieux communautaire, institutionnel, scolaire et jeunesse.
Faire de l'adolescence une priorité
Tel-jeunes souhaite que ces propositions servent de feuille de route aux formations politiques dans la préparation de leurs engagements électoraux.
Pour l'organisme, une meilleure réponse aux difficultés vécues par les adolescents nécessite des politiques fondées à la fois sur les connaissances scientifiques et sur ce que les jeunes expriment eux-mêmes.
L'objectif est notamment de faciliter la demande d'aide, de renforcer les facteurs de protection et de permettre aux adolescents d'avoir accès plus rapidement à des personnes et à des services capables de les soutenir.
Source : Tel-jeunes
Publication Index Santé : 2026-08-10















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