Obésité et diabète : un médicament expérimental entraîne jusqu'à 13 % de perte de poids
Un médicament expérimental contre l'obésité a permis d'obtenir une perte de poids moyenne pouvant atteindre 13,1 % après 76 semaines chez des adultes vivant également avec le diabète de type 2. Le survodutide a aussi amélioré plusieurs marqueurs métaboliques, mais son utilisation n'est pas encore approuvée.

De nouveaux résultats de phase III montrent des résultats encourageants pour le survodutide, un médicament expérimental étudié pour le traitement de l'obésité et de différents troubles métaboliques.
L'essai clinique SYNCHRONIZE-2 a été mené auprès de 755 adultes vivant avec l'obésité ou le surpoids ainsi qu'avec un diabète de type 2.
Après 76 semaines, les participants ayant reçu le survodutide ont enregistré une perte de poids moyenne pouvant atteindre 13,1 %, selon l'analyse d'efficacité qui suppose que les participants ont suivi le traitement pendant toute la durée de l'étude.
À titre de comparaison, la perte de poids atteignait 3,1 % dans le groupe ayant reçu un placebo.
Jusqu'à 79,3 % des participants traités avec le survodutide ont également perdu au moins 5 % de leur poids corporel, comparativement à 32,7 % dans le groupe placebo.
Les résultats ont été présentés lors de la Réunion annuelle de l'Association européenne pour l'étude du diabète et publiés dans le New England Journal of Medicine.
Un médicament qui agit sur deux récepteurs
Le survodutide appartient à une nouvelle génération de médicaments étudiés contre l'obésité.
Il agit simultanément sur les récepteurs du GLP-1 et du glucagon, deux mécanismes impliqués dans différentes fonctions métaboliques.
Selon Boehringer Ingelheim, qui développe le médicament, cette double action vise notamment à réduire l'appétit, améliorer le contrôle de la glycémie et favoriser la diminution de la graisse hépatique.
Le mécanisme diffère donc de celui des médicaments qui ciblent uniquement le récepteur du GLP-1.
Le survodutide est administré sous forme d'injection hebdomadaire. Dans SYNCHRONIZE-2, les participants recevaient une dose de 3,6 mg ou de 6 mg, ou encore un placebo.
Il est toutefois important de préciser que le médicament demeure expérimental. Son utilisation n'est actuellement pas approuvée et son efficacité ainsi que son innocuité continuent d'être évaluées dans le cadre d'essais cliniques.
Une amélioration du contrôle de la glycémie
Les chercheurs ne se sont pas uniquement intéressés à la perte de poids.
Les participants traités par le survodutide ont également présenté une amélioration de plusieurs indicateurs associés à la santé métabolique.
Le taux d'hémoglobine glyquée, ou HbA1c, a diminué jusqu'à 1,21 point de pourcentage chez les participants recevant le médicament, à partir d'un taux initial moyen de 7,4 %. La diminution était de 0,03 point de pourcentage dans le groupe placebo.
L'HbA1c permet d'évaluer le niveau moyen de glycémie au cours des derniers mois et constitue un indicateur important dans le suivi du diabète.
Jusqu'à 29,5 % des participants sous survodutide ont également atteint une HbA1c inférieure à 5,7 % pendant leur période de traitement, contre 4 % des participants recevant le placebo.
Des améliorations de la glycémie à jeun et de différents indicateurs de sensibilité à l'insuline ont également été observées.
Le tour de taille diminue également
Une diminution importante du tour de taille a été constatée pendant l'étude.
Selon l'analyse d'efficacité, les participants recevant le survodutide ont enregistré une réduction moyenne pouvant atteindre 11,1 cm, comparativement à 3,5 cm avec le placebo.
Le tour de taille constitue notamment un indicateur indirect de l'accumulation de graisse abdominale et du risque cardiométabolique.
Une sous-étude distincte réalisée dans le cadre de SYNCHRONIZE-1, chez des personnes vivant avec l'obésité sans diabète de type 2, a également permis d'examiner la composition corporelle à l'aide de l'imagerie par résonance magnétique.
Les chercheurs ont observé des réductions de la graisse viscérale et de la graisse hépatique. Selon cette analyse portant sur 75 participants, les muscles représentaient au maximum 10 % de la perte totale de tissu observée.
Ces données proviennent toutefois d'une sous-étude relativement petite et distincte de l'essai SYNCHRONIZE-2.
Des effets secondaires gastro-intestinaux fréquents
Les résultats concernant la perte de poids doivent être considérés parallèlement aux effets indésirables observés pendant l'étude.
Les effets secondaires les plus fréquemment rapportés avec le survodutide étaient de nature gastro-intestinale. Ils comprenaient principalement les nausées, les vomissements, la diarrhée et la constipation.
Selon les chercheurs, la majorité de ces effets étaient d'intensité légère à modérée.
Ils ont néanmoins entraîné l'arrêt du traitement chez une proportion notable de participants. Environ 18 % des personnes recevant le survodutide ont interrompu le traitement en raison d'effets indésirables gastro-intestinaux, comparativement à 1,2 % dans le groupe placebo.
Les abandons se sont principalement produits pendant la période d'augmentation progressive de la dose.
Les responsables du programme indiquent que d'autres essais prévoient davantage de flexibilité dans l'ajustement des doses afin d'améliorer la tolérance au traitement.
D'autres études sont en cours
Le survodutide fait maintenant l'objet d'un vaste programme de recherche clinique.
Boehringer Ingelheim étudie notamment son utilisation chez différentes populations vivant avec l'obésité, le diabète de type 2 ou certaines maladies métaboliques du foie.
Une autre étude de phase III doit approfondir son effet sur le contrôle de la glycémie chez les personnes vivant avec un diabète de type 2. Des recherches portent également sur son profil d'innocuité cardiovasculaire.
Ces travaux seront importants pour déterminer plus précisément les avantages et les risques du médicament.
Les résultats de SYNCHRONIZE-2 demeurent néanmoins prometteurs : chez des personnes vivant à la fois avec un excès de poids et le diabète de type 2, le traitement expérimental a été associé à une perte de poids significativement supérieure au placebo ainsi qu'à une amélioration de plusieurs marqueurs métaboliques.
Le survodutide devra toutefois franchir d'autres étapes avant de pouvoir éventuellement devenir une option thérapeutique offerte aux patients.
Source : Boehringer Ingelheim Canada, résultats de l'essai clinique de phase III SYNCHRONIZE-2
Publication Index Santé : 2026-10-05











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