Soins à domicile : plus de 13 000 Québécois attendent toujours un premier service
Selon des données citées par l'Association des Soins à Domicile du Québec (ASDQ) dans une lettre ouverte, 13 656 Québécois étaient en attente d'un premier service de soutien à domicile en avril 2026. En pleine campagne électorale, l'Association demande aux partis politiques de s'engager à accélérer le virage vers les soins à domicile.

Le soutien à domicile revient au cœur du débat sur l'organisation des soins de santé au Québec. Dans une lettre ouverte publiée en pleine campagne électorale provinciale, l'Association des Soins à Domicile du Québec demande aux partis politiques de préciser leurs intentions concernant le développement de ces services.
L'ASDQ rapporte qu'en avril 2026, 13 656 personnes étaient en attente d'un premier service de soutien à domicile. Le communiqué ne précise toutefois pas, dans ce passage, la source primaire de cette donnée. Elle doit donc être présentée comme une donnée citée par l'Association plutôt que comme une statistique directement vérifiée auprès du gouvernement.
Selon l'Association, les difficultés d'accès au soutien à domicile auraient également des répercussions sur les hôpitaux et les urgences, notamment lorsque des patients doivent demeurer hospitalisés dans l'attente d'une ressource mieux adaptée à leur situation.
Des données sur les patients en attente à l'hôpital
La lettre de l'ASDQ présente également des données concernant les patients en niveau de soins alternatif, ou NSA. Cette désignation concerne notamment des personnes qui occupent un lit d'hôpital sans nécessiter de soins actifs et qui attendent d'être dirigées vers une ressource appropriée.
Selon les chiffres rapportés dans la lettre, la proportion de patients hospitalisés en NSA serait passée de 14,15 % en septembre 2023 à 14,75 % en juin 2026. Elle atteindrait 29 % à Montréal et 25 % en Montérégie-Ouest.
La lettre rapporte également un temps d'attente moyen de 23 heures et 10 minutes à l'urgence avant l'obtention d'un lit d'hospitalisation, avec des délais dépassant 28 heures dans certaines régions, notamment en Outaouais, en Montérégie et dans les Laurentides.
Ces chiffres sont utilisés par l'ASDQ pour soutenir son argument selon lequel les difficultés d'accès au soutien à domicile contribuent à la congestion du réseau hospitalier.
Des investissements publics en hausse
La lettre indique également que les investissements publics consacrés au soutien à domicile sont passés de 1,4 milliard de dollars en 2019 à 2,6 milliards en 2026. Là encore, le communiqué présente ces montants sans identifier précisément leur source primaire.
Un autre chiffre cité dans la lettre provient toutefois explicitement d'une étude de l'Institut de recherche et d'informations socioéconomiques (IRIS) fondée sur des données de 2023. Selon cette étude, près de 90 % des heures de services de soutien à domicile jugées requises ne seraient pas fournies par l'État.
Il est donc important de distinguer cette estimation provenant de l'IRIS des autres statistiques présentées directement par l'ASDQ dans sa lettre.
Des recommandations du Commissaire à la santé et au bien-être
L'Association s'appuie aussi sur les travaux du Commissaire à la santé et au bien-être (CSBE).
En 2023, le gouvernement avait confié au CSBE le mandat d'évaluer la performance des programmes de soutien à domicile. Dans le cadre de la série de rapports « Bien vieillir chez soi », le Commissaire a formulé 16 recommandations en janvier 2024.
L'affirmation voulant que la quasi-totalité de ces recommandations demeure sans suite plus de deux ans plus tard provient de l'ASDQ.
Des entreprises privées que l'ASDQ souhaite davantage intégrer
Une partie importante de la lettre constitue un plaidoyer de l'Association en faveur d'une plus grande participation des entreprises privées de soins à domicile au réseau québécois.
L'ASDQ affirme que des dizaines d'entreprises québécoises formées et certifiées seraient prêtes à intervenir rapidement, parfois en moins de 48 heures, mais demeureraient sous-utilisées par le réseau. Il s'agit ici d'une affirmation de l'Association et non d'une conclusion provenant d'une étude indépendante présentée dans le communiqué.
L'Association demande donc aux partis politiques de préciser leurs engagements concernant une intégration accrue de ces entreprises au réseau public.
Une lettre ouverte publiée dans un contexte électoral
Les données doivent finalement être replacées dans le contexte de leur publication. Elles sont présentées dans une lettre ouverte signée par Alison Green, présidente de Bien Chez Soi et cofondatrice de l'ASDQ, afin de défendre une transformation du modèle québécois de soutien à domicile.
Certaines statistiques citées proviennent de sources identifiées, notamment l'IRIS et le Commissaire à la santé et au bien-être. D'autres sont rapportées par l'ASDQ sans que leur source primaire soit précisée dans le communiqué.
Les propositions concernant une plus grande utilisation des entreprises privées certifiées ainsi que les commentaires sur Santé Québec représentent pour leur part les positions défendues par l'Association. L'ASDQ se dit notamment préoccupée par les propositions visant à abolir Santé Québec et considère qu'un tel changement pourrait entraîner des coûts importants et ralentir la transformation du réseau.
Cette distinction permet de présenter les chiffres disponibles tout en séparant clairement les données citées, les conclusions provenant de sources externes et les positions défendues par l'Association.
Source : Association des Soins à Domicile du Québec
Publication Index Santé : 2026-09-09













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