Manifestation pour l'accès aux soins psychologiques
La Fédération interuniversitaire des doctorant.e.s en psychologie du Québec (FIDEP) et l'Association des psychologues du Québec (APQ) tiennent aujourd'hui à Montréal, devant les bureaux du ministre Gaétan Barrette, un grand rassemblement pour l'accessibilité aux soins psychologiques.
Lors de la première manifestation organisée par la FIDEP le 24 mars 2016, les ministres Barrette et David ont rencontré Madame Jauniaux et se sont engagés à donner suite au dossier dans les meilleurs délais. Depuis, aucune avancée tangible n'a eu lieu. «Nous rappelons que les internats en psychologie permettent d'offrir des services à 12 000 Québécois.e.s. Les internes font 80% des tâches du psychologue, pendant une année complète, et ce, gratuitement, ce qui est inacceptable.» souligne Madame Jauniaux.
Les doctorants en psychologie demandent à être rémunérés pour leur internat. Rappelons que cet internat qui suit au minimum 6 ans d'université et 700 heures de stages préalables. Les internes québécois sont les seuls en Amérique du Nord à ne pas être rémunérés. Plus de 700 doctorants en psychologie boycottent leurs stages et internats. Selon Madame Jauniaux, «Malgré que le boycottage a été annoncé il y a plus de 5 mois, que le mouvement ne fait que prendre de l'ampleur et que les appuis se multiplient, les ministres tardent à poser des actions concrètes.»
Les psychologues sont solidaires du mouvement de boycott des doctorants. M. Roy déplore que «les salaires et conditions de pratique des psychologues du secteur public soient décalés quand on regarde les exigences de la profession et le traitement que ces derniers reçoivent au privé.» L'attraction et la rétention des psychologues dans le réseau public sont de plus en plus difficiles. Le manque de psychologues et de ressources affectent directement les services à la population tout en allongeant les listes d'attentes.
D'ici 5 ans, 17% des psychologues du réseau de la santé et des services sociaux prendront leur retraite. Dû aux conditions de travail, très peu de jeunes psychologues considèrent une carrière au public. La pénurie sera rapidement très grave si rien n'est fait. Pour Madame Jauniaux, il est clair que les doctorants font partie de la solution à cette pénurie, car 90% de ceux-ci seraient plus enclins à rester dans les réseaux publics si leur internat était rémunéré : actuellement seulement 30% des étudiants envisagent de faire carrière dans le système public. Les porte-parole de la FIDEP et de l'APQ concluent conjointement en disant: «Il est temps que le gouvernement reconnaisse les psychologues, de l'internat jusqu'à la retraite.»
Publication Index Santé : 2016-05-20















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