Dans le cadre des consultations prébudgétaires 2026-2027, l’Association des Ressources Intermédiaires d’Hébergement du Québec a déposé un mémoire au ministère des Finances afin de proposer des mesures concrètes et rapidement applicables pour répondre à la pression croissante sur les milieux de vie destinés aux personnes en perte d’autonomie.
Plus de 20 000 personnes vulnérables vivent actuellement en ressources intermédiaires au Québec.
Les nouveaux projets de ressources intermédiaires sont pratiquement à l’arrêt depuis plusieurs années.
Les paramètres financiers actuels ne reflètent plus les coûts réels d’opération et de construction.
L’ARIHQ propose quatre recommandations prioritaires dans son mémoire prébudgétaire.
Un réseau essentiel fragilisé par des paramètres financiers dépassés
Dans son mémoire prébudgétaire, l’Association des Ressources Intermédiaires d’Hébergement du Québec (ARIHQ) dresse un constat préoccupant. Le réseau des ressources intermédiaires, qui constitue un maillon central entre le maintien à domicile et l’hébergement institutionnel, est aujourd’hui fragilisé par des paramètres financiers qui ne correspondent plus à la réalité du terrain.
Les coûts d’opération, incluant la main-d’œuvre, l’alimentation, l’entretien des bâtiments et les exigences réglementaires, ont augmenté de façon marquée au cours des dernières années. Or, les mécanismes d’indexation actuels demeurent insuffisants pour absorber ces hausses, ce qui met en péril la stabilité financière de nombreux milieux de vie et compromet la qualité des services offerts aux personnes hébergées.
Un arrêt des nouveaux projets malgré des besoins croissants
À cette pression financière s’ajoute un autre enjeu majeur : l’arrêt quasi total des nouveaux projets de ressources intermédiaires. Depuis plusieurs années, très peu de chantiers ont été lancés, alors même que les listes d’attente continuent de s’allonger dans l’ensemble des régions du Québec.
Cette situation limite considérablement la capacité du réseau à se développer et à répondre aux besoins grandissants liés au vieillissement de la population et à l’augmentation du nombre de personnes vivant avec des limitations fonctionnelles, une déficience intellectuelle ou physique, ou des problématiques de santé mentale et de dépendance.
Sans relance rapide des projets, le risque est grand de voir un recours accru à des solutions institutionnelles plus coûteuses et souvent moins adaptées aux besoins individuels des personnes vulnérables.
Quatre recommandations structurantes pour relancer le réseau
Dans ce contexte, l’ARIHQ formule quatre recommandations prioritaires à l’intention du gouvernement du Québec. D’abord, elle demande de pérenniser le réseau par une indexation adéquate des coûts d’opération, afin d’assurer la stabilité financière des ressources et de maintenir des milieux de vie sécuritaires et de qualité.
L’association recommande également de relancer rapidement les chantiers de nouvelles ressources intermédiaires, en ajustant les enveloppes allouées aux établissements de Santé Québec, et ce, sans alourdir le Plan québécois des infrastructures. Selon l’ARIHQ, des mécanismes plus souples permettraient de répondre plus efficacement aux besoins des personnes en attente.
La création d’un comité spécifique, distinct de la table de négociation, consacré aux enjeux immobiliers et aux processus d’appels d’offres, figure aussi parmi les propositions. Un tel comité permettrait de lever les blocages administratifs et financiers qui freinent actuellement le développement du réseau.
Enfin, l’ARIHQ insiste sur l’importance d’intégrer les données relatives aux ressources intermédiaires aux tableaux de bord du ministère de la Santé et des Services sociaux (MSSS), afin de soutenir une planification rigoureuse fondée sur des données à jour et probantes.
Une solution efficiente et moins coûteuse pour l’État
Les ressources intermédiaires représentent une option efficiente et économiquement avantageuse pour l’État. Elles permettent d’offrir des milieux de vie adaptés, humains et sécuritaires, tout en évitant des hospitalisations prolongées ou des placements en établissements institutionnels plus coûteux.
Malgré ce potentiel reconnu, l’ARIHQ rappelle que sans ajustements rapides aux paramètres de financement et de planification, il sera impossible de répondre adéquatement à la demande croissante. Le réseau est prêt à faire partie de la solution, mais il a besoin de leviers concrets pour jouer pleinement son rôle.
Une volonté affirmée de collaboration avec le gouvernement
L’ARIHQ souligne que ses recommandations s’inscrivent en complémentarité avec les négociations en cours avec le ministère de la Santé et des Services sociaux. L’objectif n’est pas de multiplier les structures, mais bien de lever les freins existants afin de permettre un développement cohérent et durable des ressources intermédiaires.
Comme le rappelle sa directrice générale, Manon Charpentier, chaque place en attente représente une personne qui a besoin d’un milieu de vie digne, sécuritaire et adapté à sa réalité. En agissant dès maintenant, le gouvernement peut non seulement améliorer la qualité de vie des personnes vulnérables, mais aussi contribuer à la performance globale du système de santé et de services sociaux.
Source : Association des Ressources Intermédiaires d’Hébergement du Québec
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