Face à l’augmentation des feux de forêt en Amérique du Nord, l’Association pulmonaire du Canada et l’American Lung Association s’unissent pour une deuxième année consécutive afin d’alerter la population sur les risques sanitaires de la fumée. Cette collaboration transfrontalière vise à informer, éduquer et mobiliser pour mieux protéger la santé respiratoire des communautés vulnérables.
Une menace croissante pour la santé publique
La fréquence et la gravité des feux de forêt ont connu une hausse alarmante au cours des dernières années. Au Canada, l’année 2023 a été marquée comme la pire de l’histoire en matière de feux de forêt, touchant les 13 provinces et territoires. Même si 2024 a été moins dévastatrice, elle figure tout de même parmi les six années les plus intenses des cinq dernières décennies. Aux États-Unis, la situation est tout aussi préoccupante avec une augmentation des incendies en 2024, notamment dans des régions peu habituées à ce phénomène comme le New Jersey ou la Caroline du Sud.
Ces feux, de plus en plus puissants, ne connaissent pas de frontières. La fumée qu’ils génèrent se déplace sur des centaines voire des milliers de kilomètres, exposant de vastes populations aux effets nocifs de la pollution atmosphérique, peu importe leur proximité avec la source des incendies.
Des répercussions pulmonaires majeures
La fumée des feux de forêt contient des particules fines, parfois si petites qu’elles peuvent pénétrer profondément dans les poumons et entrer dans la circulation sanguine. Ce type de pollution augmente les risques de crises d’asthme, de maladies cardiovasculaires, d’accidents vasculaires cérébraux et de complications respiratoires graves, en particulier chez les personnes souffrant déjà de maladies pulmonaires chroniques comme la BPCO ou l’asthme.
Les populations les plus touchées sont celles déjà fragilisées : les enfants, les aînés, les femmes enceintes, les personnes autochtones et racisées, les personnes vivant en situation de pauvreté ou celles dont le travail s’effectue en plein air. La présidente de l’Association pulmonaire du Canada, Sarah Butson, souligne à quel point « la fumée peut rendre impossible une simple respiration profonde, même à l’intérieur de sa maison ».
Un enjeu aussi mental qu’environnemental
Outre les effets physiques bien documentés, la fumée des feux de forêt et la menace des incendies ont aussi des conséquences sur la santé mentale. Des études récentes ont démontré une hausse de l’anxiété, des troubles du sommeil et de la détresse psychologique dans les régions touchées. La perte de repères, la peur de devoir évacuer son domicile et la constante présence d’un air irrespirable contribuent à un stress collectif chronique.
Il ne s’agit plus seulement d’un phénomène environnemental ou météorologique : la multiplication des feux de forêt est devenue un enjeu de santé publique majeur, nécessitant une réponse coordonnée et rapide.
Mieux s’informer pour mieux se protéger
Conscients de l’ampleur du défi, les deux organismes unissent leurs efforts autour de trois grands axes. D’abord, la sensibilisation : campagnes médiatiques, publications sur les réseaux sociaux et documentation vulgarisée permettent de rejoindre les publics les plus à risque et de favoriser une prise de conscience collective.
Deuxième volet : l’éducation. Des ressources pratiques sont mises à disposition sur les sites Web des deux associations. Elles expliquent comment se préparer à un épisode de fumée, quels gestes adopter pendant un incendie et quelles précautions prendre une fois celui-ci maîtrisé. Cela comprend notamment le port de masques filtrants, l’utilisation de purificateurs d’air, ou encore la limitation des activités extérieures.
Enfin, le plaidoyer : les deux organisations appellent les gouvernements à adopter des mesures proactives, incluant des brûlages dirigés dans certaines zones à risque et surtout, à s’attaquer aux causes profondes du problème — les changements climatiques.
La lutte contre la fumée passe par l’action climatique
La recrudescence des feux de forêt est intimement liée aux bouleversements climatiques. Les sécheresses prolongées, la hausse des températures et les épisodes de chaleur extrême créent des conditions idéales pour la prolifération des brasiers. C’est pourquoi les deux associations insistent sur l’importance d’agir sur les émissions de gaz à effet de serre, tout en améliorant la gestion des forêts et des zones à risque.
Harold Wimmer, président de l’American Lung Association, rappelle que « les feux de forêt affectent aujourd’hui la santé pulmonaire de tous les habitants du Canada et des États-Unis, et plus seulement ceux vivant à proximité des forêts. Il est crucial que nos concitoyens comprennent les dangers et sachent comment se protéger. »
Un appel à la responsabilité collective
À l’heure où les feux de forêt s’annoncent de plus en plus fréquents et intenses, la collaboration entre l’American Lung Association et l’Association pulmonaire du Canada envoie un message clair : la protection de la santé pulmonaire passe par une approche coordonnée, transfrontalière et inclusive. Il s’agit de protéger les plus vulnérables, mais aussi de s’attaquer aux causes environnementales qui nourrissent ces catastrophes.
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